“Un espace d’information, un outil au service de toute idée, toute action progressiste, humaniste, transformatrice telle est l’ambition de ce blog. En Chablais bien sûr mais au-delà aussi, avec nos commentaires toujours impertinents nous l’espérons, respectueux de toutes et de tous, avec nos propositions en phase avec l’actualité locale, départementale, régionale, nationale et internationale au gré de nos humeurs, de nos ressentis… Mais aussi un rendez vous régulier sur le monde tel qu’il va. Rien ne nous sera étranger, notre objectif : que le débat vive, qu’il soit porteur d’exigences et s’inscrive dans une perspective de transformation au service des hommes et des femmes

mardi 24 mars 2020

ACTUS, ACTUS, ACTUS


LUCIEN SÈVE DISPARU : 
LA PENSÉE COMMUNISTE EN DEUIL. 
PAR PATRICK LE HYARIC


C’est un choc. Une douleur. Un monument vient de tirer sa révérence. La peine des militants communistes et progressistes est à hauteur du legs que nous laisse Lucien Sève : immense. Il était un authentique ami de L’Humanité, avec la volonté de toujours la porter plus haut pour qu’elle soit toujours plus utile. C’est lui qui inventa lors d’une rencontre alors qu’il en était le rédacteur en chef d’un jour le concept de « Cortex » devenu une rubrique chaque vendredi.



Lucien aura consacrée sa longue et riche existence à faire vivre obstinément la pensée communiste. Le communisme originel. Récemment encore, du haut de ses 90 années, Lucien s’attaquait à une somme colossale, « Penser avec Marx aujourd’hui ». Une tétralogie laissée inachevée pour remettre la pensée de Marx sur ses pieds et penser le communisme au futur.
En révolutionnaire convaincu, il faisait preuve d’une abnégation exemplaire à remettre sur le métier l’ouvrage d’une vie pour faire vivre l’idée selon laquelle « le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous », comme l’écrivait Marx et Engels dans le Manifeste du parti communiste.
L’âge ne lui faisait pas peur et nous avions l’impression déroutante que toute année de plus signifiait pour lui, plus d’audace, plus de courage, plus d’engagement. La quête du communisme était en somme son bain de jouvence. Il parlait ces derniers mois et années avec un appétit insatiable des sujets de recherche qui mobilisaient ses journées pour éclairer encore et toujours le mouvement transformateur. Il ne loupait rien de l’actualité et de ses ressorts pour nourrir, en rapprochant dans son dernier livre Jaurès de Marx, une « évolution révolutionnaire » à visée communiste.
Sa vie, Lucien la traça au cœur du phénomène communiste français, endossant très jeune, dès l’après-guerre, d’importantes responsabilités au sein des instances du Parti communiste. Très actif dans les différentes régions de France où il s’établissait par nécessité, le jeune professeur, normalien et agrégé de philosophie, fit face à l’opprobre et la censure des administrations qui voyaient d’un mauvais œil ce militant communiste, sagace et impertinent. Il a été en quelque sorte victime « d’interdit professionnel » et des avancements qui lui aurait ouvert les portes des plus grands centre de recherches universitaires.
Mobilisé dans le comité Maurice Audin 1959, il s’engagea dans les luttes anticoloniales et contre les dérives bonapartistes du gaullisme. Parallèlement il intégra la rédaction en chef de la Nouvelle Critique où il se saisit des questions relatives à l’histoire de la philosophie. Entré au comité central du PCF lors du XVIe congrès en 1961, Lucien Sève fit valoir ses compétences et son intelligence dans les débats qui secouaient alors le mouvement communiste. Travaillant ardemment à sortir le parti communiste du stalinisme, il fut néanmoins très attentif à son ancrage théorique et à la fidélité aux concepts issus du marxisme. Il tint alors, contre vents et marées, une position originale et solidement argumentée entre l’humanisme de Roger Garaudy et le structuralisme de Louis Althusser. Sa position fut théorisée dans un ouvrage au fort retentissement publié en 1969 Marxisme et théorie de la personnalité qui se fixait pour objectif d’exposer une conception marxienne de l’individu, à rebours d’une conception désincarnée du socialisme alors en vogue.
A la tête des Éditions sociales dès 1970, Lucien contribua à faire rayonner la maison d’édition au croisement des nouvelles disciplines en sciences sociales. L’indépendance acquise par Lucien lui permit d’ouvrir les Editions sociales à l’ébullition intellectuelle propre à cette décennie, tout en poursuivant un travail d’édition remarquable des œuvres de Marx et de ses héritiers.
Nommé en 1983 par le Président Mitterrand au Comité consultatif national d’éthique, Lucien prit la tâche avec son sérieux coutumier pour laisser quelques ouvrages importants sur les questions, ô combien actuelles, relatives à la bioéthique. Bien qu’il ait assumé dès les années 80 des désaccords avec le parti communiste, il restait très attentif à son évolution et indéfectiblement fidèle à ses militants – ses camarades.
Récemment encore, Lucien nous témoignait de son attachement viscéral à l’Humanité qu’il jugeait indispensable à tout combat commun. « La prise de la bastille aujourd’hui, c’est la prise conscience » disait-il en février dernier pour soutenir l’Humanité dans ses difficultés. Régulièrement invité par notre journal- le sien- et à la fête de L’Humanité, il épatait par son agilité, ses idées qui s’entrechoquaient à une vitesse surprenante sans jamais perdre de leur cohérence.
Sa disparation nous plonge dans une infinie tristesse. Souhaitons que l’œuvre qu’il aura patiemment construite, avec sa rigueur, ses audaces, ses intuitions et ses fulgurances, et parmi elle ces deniers ouvrages offerts à la postérité pour penser le communisme, puisse être abondamment partagée et commentée. L’Humanité s’y consacrera car son œuvre est féconde. Porteuse d’avenir et d’espoir au moment ou trébuche les thèses du capitalisme. Lucien nous manquera, mais son immense œuvre le fera vivre.




Mardi, 24 Mars, 2020

ROLAND GORI, PSYCHANALISTE : FACE A LA MALADIE ET LA MORT, LE RIDICULE DES EMBLÈMES DE LA RICHESSE ET DU POUVOIR.

"Distanciations sociale", inégalités de traitement, mondialisation en accusation... Le philosophe et psychanalyste, professeur honoraire de psychopathologie clinique, éclaire les débats que suscite la crise liée au coronavirus et analyse les effets du confinement sur les individus et sur nos sociétés. Un entretien décapant de la directrice de rédaction avec le président de l'appel des appel
Le pays vit sous confinement depuis plus d’une semaine. Quelle analyse le psychanalyste que vous êtes fait-il de cette « distanciation sociale » imposée pour juguler le coronavirus ? Quels peuvent en être les effets à moyen terme, tant au niveau individuel que collectif ?
Roland Gori. Le terme de « distanciation sociale » est inapproprié et maladroit. Bien au contraire, il convient d’inviter à la proximité et à la solidarité sociales, tout en exigeant une « distanciation physique ». Il ne s’agit pas de se replier individuellement mais au contraire de mettre à profit ce temps suspendu pour être affectivement et socialement ensemble. De ce point de vue, les nouvelles technologies sont un moyen formidable pour « être seuls, ensemble ». Ce qui est péjoratif en temps normal est formidablement palliatif en période d’épidémie. Sinon, on finira par devenir dingues, persécutés et phobiques pour les uns, hypocondriaques graves pour les autres, désespérés et suicidaires pour certains, transgressifs et compulsivement en prise de risques pour d’autres encore. Il faut relire le récit de Thucydide de la peste à Athènes au Ve siècle avant J.-C. sur les risques qui menacent une cité en temps d’épidémie : chaos, panique, dégradation morale, terreur religieuse, compulsion à jouir sans entrave pour conjurer l’échéance fatale… Le risque qui menace chacune des cités ou chacun des pays en proie à une grave épidémie, c’est l’anomie, la perte des normes et des lois qui les régissent pour réguler les comportements sociaux et intégrer les individus. C’est l’heure de vérité de tout gouvernement, de son potentiel à réagir au choc. Faute de confiance dans le gouvernement, la peur s’installe, durablement. C’est une émotion morale et politique dont Hobbes, celui du Léviathan, fait le principe fondateur de toute religion et de tout État. Que l’on adhère ou pas à ses analyses, il nous faut reconnaître que toute terreur, quelle que soit son origine, pandémique, climatique, sociale, économique ou militaire, est un défi pour un État et ne peut le laisser indemne. Toute la question est de savoir ce qu’il en sortira…


Mardi, 24 Mars, 2020

URGENCE SANITAIRE : ETAT DE DROIT OU RECUL DES LIBERTÉS ? L'AVOCAT RAPHAËL KEMPF NOUS RÉPOND



Avocat au barreau de Paris, Raphaël Kempf pointe les atteintes aux libertés à l’œuvre dans "l’état d’urgence sanitaire" qui entre en vigueur ce mardi pour freiner l’épidémie. Il appelle les citoyens à la vigilance afin que l'on "ne se réveille pas de cette période de confinement avec une grosse gueule de bois". Entretien.


Êtes-vous inquiet quant à l’instauration d’un « état d’urgence sanitaire » inspiré de la loi de 1955 ?

Raphaël Kempf. Bien sûr, je suis inquiet pour les libertés fondamentales. C’est étonnant de voir que le premier réflexe de ce gouvernement a été de recourir au modèle de l’état d’urgence de 1955. Je ne nie pas la nécessité de donner une base juridique aux mesures prises pour affronter la crise sanitaire et sociale. Mais il ne faudrait pas que les dispositions adoptées en quelques jours deviennent des mesures de droit commun, ni que les citoyens s’habituent à un contrôle démesuré de l’État et de sa police sur nos déplacements. Les représentants des forces de l’ordre ne doivent pas s’accoutumer à pouvoir contrôler, en toutes circonstances, et sans raison, l’ensemble des personnes résidant sur le territoire.

jeudi 19 mars 2020

VOUS ETES EN CONFINEMENT

PROFITEZ EN POUR LIRE SES TEXTES
ET PARTAGER SVP, PARTAGER      

DEPUIS PLUS D'UN AN NOS AMI-ES ET CAMARADES SE BATTENT CONTRE L'ABANDON DE L'HOPITAL DE THONON-LES-BAINS ET DU SYSTHÈME DE SANTÉ CHABLAISIEN
TOUT CE QU'ILS ONT DIS ÉTAIT JUSTE
ONT ILS ÉTÉ ÉCOUTÉS ET COMPRIS

AUJOURD'HUI NOUS DÉCOUVRONS LA PLUS GRANDE CATASTROPHE 
SANITAIRE GÉNÉRÉE PAS LE CAPITALISME ET INCAPABLE D'Y FAIRE FACE.
Mardi, 17 Mars, 2020

BRUNO CANARD, LE CHERCHEUR QUI AVAIT ALERTÉ EN 2015 SUR LE RISQUE DE CORONAVIRUS, DÉNONCE LE DÉSENGAGEMENT EUROPÉEN DANS LA RECHERCHE                                                                                                     nadège dubessay

Depuis 2003, Bruno Canard, chercheur à Aix-Marseille, travaille sur les coronavirus. Il dénonce le désengagement européen et français dans le secteur des sciences.





Lorsqu’il relit les lettres d’intention qu’il avait adressées en 2015 à la Commission européenne avec ses collègues belges et hollandais, Bruno Canard en a les poils qui se hérissent. Le directeur de recherche CNRS à Aix-Marseille, spécialiste des coronavirus, y expliquait qu’il existait neuf familles de virus pour lesquelles une émergence était possible. « Le premier sur la liste était le flavivirus, explique-t-il. Le second, le coronavirus. Un an plus tard, apparaissait Zika, un flavivirus. Et aujourd’hui, le ­Covid-19, un coronavirus ! » La Commission européenne ne donnera jamais de réponse. Aujourd’hui, l’Europe met 10 millions d’euros sur la table. « Ridicule », rétorque Bruno Canard. « Dans l’urgence, nous devons rédiger des programmes jour et nuit. Monter des projets en un temps record. Au bout de deux ou trois ans, le virus aura disparu et on n’en parlera plus. »
Il faudra tirer les conséquences de cette épidémie

Le chercheur sait de quoi il parle. En 2002, avec l’apparition du Sars-CoV, un virus qui provoque une maladie infectieuse des poumons, l’Union européenne décide de lancer plusieurs programmes afin de ne pas être prise au dépourvu en cas de nouvelles émergences. Dès 2004, l’équipe de Bruno Canard, grâce à des réseaux collaboratifs européens, affiche des résultats prometteurs. « Nous avions eu cette idée qui s’est révélée fructueuse : les virus ont une capacité énorme à être différents, variés, avec de larges familles. Nous les avons donc étudiés tous en même temps, afin d’en avoir un modèle type qui nous permettrait, en cas de menace d’un virus inconnu, d’en trouver un proche, d’où nous pourrions extraire des données scientifiques. » Mais dès 2006, l’intérêt des politiques pour le Sars-CoV avait disparu. La crise financière de 2008 accélère le désengagement de l’Europe et de la France pour la recherche. Résultat : des stratégies de recherche fondamentale sont mises de côté ou perdent leurs crédits.

Pourtant, explique Bruno Canard, « l’émergence des virus va être de plus en plus rapide, du fait du changement climatique, de la perte de la biodiversité, de la déforestation ». Si cette recherche fondamentale n’avait pas été maltraitée, mais au contraire poursuivie de manière assidue, la science aurait eu la capacité de développer un médicament pan-corona, actif contre n’importe quel nouveau coronavirus qui apparaîtrait, assure le chercheur. Il dissipe au passage la confusion qui règne entre un vaccin et un médicament. « Un vaccin demande au mieux 18 mois de recherches. Et pour des virus non prévisibles, qui changent, il n’est pas adapté. Mieux vaut faire des médicaments qui ont un large spectre dans une famille virale. Cela peut nécessiter 5 ans, parfois 10. D’où l’importance de l’anticipation scientifique. » Aujourd’hui, dit-il, l’heure n’est pas à la polémique. « Il y a un devoir impératif d’écouter ce que nous dit le gouvernement. » Mais il faudra tirer les conséquences de cette épidémie. « Si seulement un peu de crédit impôt recherche pouvait être reversé pour irriguer la recherche, ça serait un bol d’air énorme. Et surtout productif. »
Nadège Dubessay
Mercredi, 18 Mars, 2020

SANTÉ. LES HÔPITAUX ENTRE ÉNERGIE DU DEVOIR ET COLÈRE DU DÉSESPOIR

Depuis un an, les personnels paramédicaux et médicaux sont mobilisés contre la casse du service public du soin et de la santé. Ils ont pris comme une claque le « quoi qu’il en coûte » et « la santé n’a pas de prix » proférés par Emmanuel Macron.


Ils feront face. Bien sûr que les personnels des hôpitaux publics feront face aux conséquences sanitaires du coronavirus, comme Emmanuel Macron les a à nouveau exhortés à le faire lors de son allocution de jeudi. D’ailleurs, ils font déjà face. Dans l’urgence, comme à Mulhouse, premier point d’impact du tsunami de cas graves que les autorités sanitaires nous prédisent (voir en page 4). Partout ailleurs aussi. À mesure que les stades successifs du plan blanc ont été déclenchés, le système public s’est lancé dans une course contre la montre de redéploiement et d’adaptation de ses capacités de prises en charge.
Les règles austéritaires ont conduit à l’atrophie

Les personnels hospitaliers sont prêts à affronter la crise. Avec l’énergie du devoir à accomplir mais avec la colère au ventre. Car il leur aura fallu attendre la survenue d’une pandémie pour qu’un président de la République se rende compte de la nécessité de disposer d’un service public de santé efficace et qu’il commence à réinterroger les règles austéritaires qui ont conduit à son atrophie et à son affaiblissement. Voilà pourtant un an exactement que personnels paramédicaux, médicaux, simples soignants comme chefs de service, des urgences ou de tous les autres services, se mobilisent pour justement porter cette revendication. Le 18 mars 2019, ce mouvement social partait des personnels de l’hôpital Saint-Antoine, à Paris, pour se propager à l’ensemble des établissements de France. Ce mercredi 18 mars 2020, les mêmes blouses blanches portant l’inscription « en grève » sont toujours aussi nombreuses. Malgré leurs manifestations nationales successives, elles n’ont pas obtenu grand-chose de leurs revendications. Au vu de la situation, celles-ci n’avaient vraiment rien de dispendieux : plus de personnels, plus de lits et de meilleures conditions de travail.

Dans ce contexte, les assurances d’Emmanuel Macron de la semaine dernière – « la santé n’a pas de prix » ou « ce que révèle cette pandémie, c’est qu’il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché » – ainsi que ses promesses de « décisions de rupture en ce sens » n’ont pas bien été reçues. Comment donner du crédit à un« gouvernement qui a fermé 4 418 lits d’hospitalisation ces deux dernières années », se demandait hier la CGT santé et action sociale ?

« Les messages de l’exécutif, sur le mode “on vous adore, vous êtes des héros”, ça ne passe pas et la plupart des soignants que je connais les vivent très mal. Moi-même, ça me met en colère. » Stéphane Dauger, qui parle ainsi, est médecin et chef de service de réanimation pédiatrique à l’hôpital Robert-Debré, à Paris. Comme plusieurs centaines de ses confrères, il a démissionné de ses tâches administratives après les faibles réponses apportées par les plans successifs d’Agnès Buzyn, en fin d’année dernière. Ce qui ne l’empêche pas de se porter volontaire dans le service de réanimation pour adultes spécialement aménagé ces derniers jours à Robert-Debré. « Dans mon hôpital, ces derniers temps, on continuait à fermer des lits de chirurgie pour faire de l’ambulatoire. Dans cette crise, on a aussi beaucoup tardé à mobiliser le secteur privé… C’est insupportable ! poursuit-il. Le président, aujourd’hui, fait de grandes déclarations. Mais nous, on attend des décisions concrètes. Et on espère que la considération pour les personnels soignants survivra à cette crise. »
300 milliards d’euros débloqués mais pas pour la santé

À Avicenne, la même colère s’exprime. Dans ce groupement hospitalier qui couvre la Seine-Saint-Denis, les urgences sont en fin de transformation en unité spécifique Covid-19. Tous les autres services sont mobilisés. « Ils rappellent les infirmières anesthésistes du bloc opératoire. Mais ça ne règle pas le fait qu’il n’y a pas d’autres personnels mobilisables. Ça fait des années que plus personne ne veut venir travailler et que ceux qui y sont démissionnent », déplore une infirmière très engagée dans le mouvement social, qui préfère rester anonyme après avoir subi des pressions de la part de sa direction. « Depuis un an que nous sommes en grève, on a fait face aux fortes chaleurs de l’été dernier, aux bronchiolites, à l’épidémie de grippe… À chaque fois, à nos demandes de personnels supplémentaires, on répondait que tout était question d’organisation du travail. Avec le coronavirus, ils ne peuvent plus mentir. »

La colère s’est propagée aux associations d’usagers des hôpitaux, mobilisés aux côtés des professionnels depuis six mois. Et le fait que le gouvernement trouve du jour au lendemain 300 milliards d’euros en soutien aux entreprises, sans autre annonce chiffrée pour la santé, n’arrange rien. « Nous sommes en train de payer toutes les économies passées, résume Michèle Leflon, de la Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité. À Mulhouse, si l’État appelle en renfort l’armée, c’est peut-être aussi parce que les urgences d’Altkirch (établissement appartenant au même groupement hospitalier départemental – NDLR) sont régulièrement fermées faute de médecins. Le département était déjà à flux tendu avant le coronavirus. Pareil chez nous, dans les Ardennes, où des malades sont régulièrement transférés vers les services de réan imation en Belgique. On a déjà connu de belles paroles. Il serait temps de passer aux actes. »
Stéphane Guérard

Jeudi, 19 Mars, 2020


HÔPITAL PUBLIC. DES DIZAINES DE MILLIERS D’EMPLOIS ET 69 000 LITS SUPPRIMÉS EN QUINZE ANS


Y aura-t-il assez de lits, assez de place en réanimation ? Le personnel hospitalier va-t-il tenir le coup ? Sous l’effet de la montée en puissance du virus, le système de santé français menace de s’écrouler. Cela fait pourtant longtemps que soignants et patients tirent la sonnette d’alarme. Sans être entendus.



Des dizaines de milliers d’emplois supprimés en quinze ans. 69 000 lits portés disparus sur la même période. Des personnels insuffisants et essorés. Des urgences saturées. L’hôpital public, sous haute tension après une décennie d’austérité, est désormais au bord de l’explosion avec la multiplication des cas de coronavirus. Alors que tous les stades d’alerte ont désormais été franchis dans cette crise sanitaire, avec la mobilisation totale du système de santé, de la prise en charge des cas moins graves en médecine de ville jusqu’à la possibilité de mobiliser des renforts dans les hôpitaux, 14 collectifs et syndicats (1) en lutte unitaire pour sauver ce socle du système de santé attendent des actions de plus grande ampleur que ces mesures pour faire face à l’ugence : « Nous n’arrêtons pas de dénoncer les difficultés à exercer nos missions, cette épidémie nous donne hélas raison », constate Mireille Stivala, secrétaire générale de la CGT santé et de l’action sociale.
Un décès inacceptable en 2018

Depuis un an, le secteur n’a jamais connu une telle ébullition. Le 18 mars 2019, les violences contre le personnel des urgences à l’hôpital Saint-Antoine avaient entraîné une grève illimitée et allumé la mèche. Peu de temps après, des paramédicaux en colère avaient créé le collectif Inter-Urgences. Hugo Huon, président du collectif et infirmier à Lariboisière, raconte dans un livre (2) ce moment charnière : « Nous avions également eu un décès de patient dans la salle d’attente en décembre 2018. On a compris que, pour être entendu, il fallait passer au-dessus des directions locales. On voulait aussi casser les codes institutionnels, mener des actions chocs, comme les arrêts maladie groupés. Il y a toujours plus de 200 services d’urgences en grève aujourd’hui. Nous ne pouvons pas laisser ce réseau de santé qui vaut de l’or disparaître ! »

En septembre dernier, le collectif Inter-Hôpitaux, formé par des médecins, rejoints par des soignants et des usagers, a ensuite vu le jour. « Ce mouvement spontané arrive après des années de débats, précise Antoine Pelissolo, psychiatre à l’hôpital Henri-Modor-Albert-Chenevier et membre fondateur du collectif. Cette alliance de professions est inédite, nous avons en commun le sujet du manque de moyens et de personnel. » La manifestation monstre du 14 novembre 2019, du jamais-vu depuis quinze ans avec 15 000 personnes à Paris, a été un tournant. « Nous avons aussi tenu des assemblées générales de 200 personnes avec des agents de service hospitalier, des brancardiers, aides-soignants… alors qu’ils ont l’habitude de courber l’échine, explique Hugo Huon. Les mécanismes de solidarité entre les métiers nous ont fait du bien. Les revendications de hausse de 300 euros de salaires pour les paramédicaux sont portées par les médecins. Et ce constat de malaise est même partagé par la Fédération hospitalière de France (FHF) ! Nous sommes tous confrontés à cette défiance envers l’hôpital, où tu passes deux ans pour te former et, ensuite, tu vas voir ailleurs ! »

Quant à la politique de l’autruche menée par le gouvernement, à l’exception de primes pour les paramédicaux et de la reprise d’un tiers de la dette des hôpitaux (sous condition de gains de productivité) annoncés en novembre dernier, elle n’a fait que renforcer la détermination. Si les corporatismes ont été laissés au vestiaire, des tiraillements se font parfois fait sentir entre organisations. La mobilisation concomitante contre la réforme des retraites n’a pas fait l’unanimité chez les participants. Mais la trajectoire commune n’a pas dévié. « Nous avons aussi réussi à débloquer des situations locales en obtenant des équivalents temps plein à Saint-Nazaire, Alençon, poursuit Hugo Huon. Mais des personnes qui se sont exprimées en public ont aussi été sanctionnées. » Partout, les formes de lutte se sont diversifiées. À l’hôpital Avicenne, Maud Gelly, médecin généraliste au centre d’IVG et membre de la CGT, regardait d’un œil un peu méfiant le collectif Inter-Hôpitaux avant de le voir s’épanouir au sein de la structure de Bobigny (Seine-Saint-Denis). « Le flashmob habillé en Rosie la riveteuse pour le 8 mars m’a beaucoup plu. Il y a aussi eu la grève du codage (portant sur le renseignement des actes médicaux pratiqués pour les facturer à l’assurance maladie – NDLR) qui a fait perdre 300 millions d’euros à l’Assistance publique des Hôpitaux de Paris (AP-HP). »
Leurs dernières forces

De leur côté, les patients ne restent pas les bras croisés. Ce 10 mars, Michèle Leflon, présidente de la Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et des maternités de proximité, s’est justement déplacée pour soutenir les infirmières en grève contre le sous-effectif à l’hôpital de Fumay (Ardennes). « À l’accueil, une dame blessée au visage a été enjointe de passer un coup de téléphone au 15 pour qu’il l’amène à l’hôpital de Charleville-Mézières, à 45 minutes de là. C’est bien la preuve que nous ne devons rien lâcher ! Quand les soignants se mettent en grève, cela ne se voit pas à cause des assignations. Les usagers ont besoin de participer, pas juste de dire “j’aime mon hôpital” ».

Le millier de démissions administratives de médecins en janvier ou encore l’interpellation d’Emmanuel Macron lors de sa visite à la Pitié-Salpêtrière le 27 février par le docteur François Salachas ont été d’autres temps forts. « Cette dernière scène était inimaginable il y a quelques mois, glisse Christophe Prudhomme, porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf). Plus le mouvement continue, plus le niveau de revendication monte. L’atterrissage post-coronavirus va être compliqué pour le gouvernement. Ils ne pourront plus venir serrer des mains dans les services comme si de rien n’était. »

Alors que l’épidémie aspire les dernières énergies des soignants et menace de faire s’écrouler le système, tous exigent des mesures à la hauteur des enjeux. Et rappellent leurs propositions : une augmentation de l’Ondam (objectif national des dépenses d’assurance-maladie) de minimum 4,4 % et des revalorisations salariales. Les collectifs et syndicats ont également pris au mot le président de la République en lui adressant un courrier pour fixer un rendez-vous. Des initiatives devraient se dérouler le 7 avril prochain, date de la Journée mondiale de la santé. « On organise des réunions toutes les semaines. Réussir à fédérer aussi largement et sur la durée, c’est déjà exceptionnel », estime Mireille Stivala. Et obtenir des changements profonds dans l’hôpital public en pleine crise sanitaire.
(1) CGT, CFDT, CFE-CGC, Sud, CFTC, Unsa, collectif Inter-Urgences, collectif Inter-Hôpitaux, le collectif Inter-Blocs, l’Amuf, le Printemps de la psychiatrie, l’APH, l’Isni et la Coordination nationale des hôpitaux et maternités de proximité. (2) « Urgences : hôpital en danger »., Albin Michel.
Cécile Rousseau

Publié le 19/03/2020 par PCF

Coronavirus : Les travailleurs doivent être protégés !



Face à une crise sanitaire sans précédent dans l'histoire récente de notre pays, une part importante de notre population est confinée depuis hier midi afin de limiter la propagation rapide du Covid-19. Mais beaucoup de salarié-es sont aussi les premiers au front pour répondre aux besoins vitaux de la population.

Nous pensons aux personnels de santé qui tentent de répondre aux mieux à l'urgence dans des conditions de travail dégradées comme ils le dénoncent depuis un an.

Nous pensons aux agents de l'état, des collectivités locales, qui assurent les missions régaliennes et les solidarités sur les territoires qui sont essentielles dans cette période. Ils font chaque jour la démonstration du rôle indispensable de nos services publics.

Nous pensons à tous ceux qui doivent continuer de produire et travailler pour nous permettre de manger, de nous déplacer, d'accéder à l'énergie.

Nous saluons leur engagement, leur courage, nous les remercions pour leur sens des responsabilités et de l'intérêt général.

Nous exigeons que les conditions sanitaires les plus essentielles soient respectées afin de les protéger.

Par ailleurs, sur tout le territoire national, de trop nombreuses entreprises continuent de produire et fonctionner au détriment de la santé de leurs salariés, parfois même dans des entreprises où des salariés ont été dépistés positifs au COVID-19

Cela doit cesser : Seul ce qui est essentiel doit fonctionner.

Le confinement doit s'étendre rigoureusement à tout le reste afin de répondre efficacement au défi qui est devant nous. Fabien Roussel s'adressera en ce sens au premier ministre afin que celui-ci définisse plus clairement les secteurs stratégiques et les mesures de protection au travail, afin que nul ne puisse déroger aux règles qui permettent d'épargner des vies.

La situation d'urgence ne peut se traduire par un confinement du droit des salariés.

Partout en France, chez Amazon, sur le chantier de Saint-Nazaire, comme chez Alstom, des salarié.e.s sont conduits à utiliser leur droit de retrait, à débrayer parce qu'ils refusent d'aggraver une situation sanitaire déjà grave. Nous sommes à leur côté.  A l'heure où le président de la République semble découvrir l'importance du service public, nous exigeons qu'il prenne les mesures pour protéger tous les travailleurs, toutes les travailleuses, leur santé et leurs droits sociaux
Nous sommes fiers des travailleurs de notre pays. Ils sont à la hauteur de la crise que nous connaissons. Protégeons les !

MACRON À LA NATION : UNE UNION FORCÉE ?



Ajoutée le 16 mars 2020

Lionel Venturini, journaliste politique à l'Humanité, décrypte à chaud la déclaration du président de la République.

Jean ZIEGLER : "Il faut détruire le capitalisme"









vendredi 13 mars 2020

L'heure est à la mobilisation nationale



Publié le 12/03/2020 par PCF

Coronavirus/Macron : 

réaction de Fabien Roussel



L'heure est à la mobilisation nationale pour délivrer la réponse la plus efficace face à la crise sanitaire et à la crise économique exceptionnelles que nous affrontons.

Les flottements de ces dernières heures sur les décisions à prendre ne doivent pas fragiliser la capacité d'action de l'État.

Les annonces du Président de la République supposent aussi des engagements précis que les services publics, notamment ceux de la santé, attendent depuis longtemps ! Les annonces de ce soir impliquent donc de remettre en cause les politiques d'austérité.

La fermeture des établissements scolaires et universitaires ou le report des soins non essentiels ne pouvaient plus être différés. Mais aucun engagement précis n'est annoncé en moyens humains et financiers concernant la crise sanitaire contrairement à d'autres pays comme l'Italie ou le Royaume uni qui ont annoncé mobiliser plusieurs dizaines de milliards d'euros. Et aucune mesure structurelle n'est engagée sur le plan économique.

Coordonner et financer la réponse sanitaire

Notre système de santé public, déjà sous tension, a besoin de moyens pour protéger ses personnels et pour élargir ses capacités d'accueil des patients atteints de coronavirus. Le Président de la République annonce qu'il prendra les mesures nécessaires « quoi qu'il en coûte ». Aux actes ! Les personnels de santé sonnent l'alarme depuis des mois ! De même, dans encore beaucoup de territoires, les médecins et les infirmières libéraux, les personnels de secours comme les pompiers, les laboratoires sont en attente du matériel tel que les masques pour se protéger et protéger les patients ou pour réaliser les tests épidémiologiques. La puissance publique doit demander aux hôpitaux privés de se mettre à la disposition de la nation.

Des mesures structurelles fortes pour faire face à la crise économique

Une crise financière historique, elle aussi d'ampleur mondiale, est en cours. La crise sanitaire en est le catalyseur et non la cause. Ce sont les politiques monétaires et néolibérales qui en sont les principaux déclencheurs. Si des mesures de soutien et d'accompagnement des entreprises et des salariés doivent être mises en place rapidement, il faut donc aussi revoir les règles d'intervention de la BCE pour que les sommes débloquées soutiennent l'économie réelle et non la éculation financière. Le « Pacte de stabilité » budgétaire européen doit être abandonné. Les secteurs stratégiques du pays doivent être protégés. Nous demandons enfin le report de la réforme de l'assurance chômage dont l'entrée en application est prévue pour le 1er avril.


mercredi 11 mars 2020

Convaincre, mobiliser, donner de l’espoir

Publié le 11/03/2020 par PCF


Le scrutin municipal des 15 et 22 mars prochains va se dérouler dans un climat de tension inédit. Avec la crise sanitaire qui traverse tout le pays, se profilent des conséquences financières et économiques qui inquiètent nos concitoyens.




Conjuguées à l’impasse démocratique causée par la réponse autoritaire du pouvoir au mouvement social contre la réforme des retraites, ces crises appellent plus que jamais des solutions politiques de haut niveau. Il faut offrir des débouchés aux colères, aux inquiétudes et aux aspirations des Français.es.

Ces solutions doivent s’appuyer, de l’échelon communal jusqu’au niveau international, sur une profonde remise en cause des logiques à l’œuvre en France, en Europe et dans le monde, qui visent à faire prévaloir les intérêts du capital financier sur ceux de l’humain et de la planète.

Partout dans le pays, en votant pour les listes conduites par les candidat.e.s communistes ou celles auxquelles ils, elles participent, les électeurs.trices pourront sanctionner un pouvoir et sa politique au service des riches et des multinationales. Ils pourront faire un geste utile et cohérent, contre le système de retraites à points, qui vise à instaurer progressivement un dispositif par capitalisation exigé par les fonds de pension. Mécanisme dont le dérèglement actuel met en lumière toute la fragilité.

Elles et ils vont également se donner les moyens d’installer ou de reconduire dans de nombreuses communes des majorités de gauche, écologistes et citoyennes. À leur tête ou dans les équipes, les communistes portent des propositions radicales et cohérentes, pour la justice sociale, le développement humain, le renouveau démocratique et la transition écologique. Reconduire tous les maires communistes, conquérir de nouvelles communes afin d’y mener ces politiques est donc un enjeu essentiel pour tous les citoyens et pour tous les territoires.

Partout, dans ce scrutin, nos candidats défendent la commune comme un pilier essentiel de la démocratie, mais aussi comme un levier pour la défense et la promotion des services publics. Ces candidat.e.s sont d’ailleurs ceux qui incarnent le combat constant contre la baisse des dépenses publiques utiles. Celle par exemple qui a tant malmené nos hôpitaux (3,7 milliards de budget en moins depuis 2017) tout comme celle des budgets locaux, décidée au nom de critères de convergence européens imposés en connivence par les gouvernements et les marchés financiers.

Ces candidat.e.s seront aussi partout des élu.e.s utiles aux luttes, comme on l’a vu sur les piquets de grève contre la réforme des retraites, mais aussi pour défendre les services publics de proximité, le logement social ou encore les réseaux de transports publics menacés par les politiques d’austérité.

Ce scrutin doit également permettre de construire un large rassemblement populaire capable de porter au pouvoir une alternative politique, solidement ancrée à gauche, pour s’attaquer aux fondements d’un capitalisme en crise profonde.

Il reste encore quelques jours pour, sur ces bases, convaincre, mobiliser, donner de l’espoir, en particulier à ces millions d’abstentionnistes qui peuvent faire un geste de combat et d’avenir les 15 et 22 mars.

Fabien Roussel

lundi 9 mars 2020

La bataille du référendum, plus que jamais centrale


Publié le 04/03/2020 par PCF

 les voies de la riposte à Macron, 

par Olivier Dartigolles


Le Premier ministre a annoncé samedi en fin de d’après-midi le recours au 49.3 pour le projet de loi sur les retraites, privant ainsi la représentation nationale d’un vote sur un texte présenté par Emmanuel Macron et le gouvernement comme la « reine des réformes du quinquennat ». L’opération a été préparée en loucedé lors d’un Conseil des ministres extraordinaire consacré, le matin même, au Coronavirus.

Pour faire oublier la fièvre parlementaire sur la réforme des retraites et passer à autre chose, le pouvoir a manœuvré avec cynisme en profitant de l’inquiétude des Français vis-à-vis d’un risque d’épidémie (voir plus bas). Le pouvoir mise sur un basculement de l’opinion publique du dossier des retraites à celui du Coronavirus.



À quinze jours des élections municipales, il ne voulait pas faire durer le supplice. Comme cela avait déjà été le cas lors de l’examen du projet de loi en commission spéciale, le débat dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale au cours des 12 derniers jours a de nouveau fait la démonstration de l’incapacité du gouvernement et de sa majorité parlementaire à apporter des réponses précises à des questions portant sur l’avenir des retraites. Certains sujets ont même tourné à un véritable fiasco pour le pouvoir. Un exemple parmi tant d’autres : comment va évoluer la valeur du point ? Réponse : par une indexation sur un index… qui n’existe pas, qui reste à créer de l’aveu même du ministre ! On pourrait multiplier les exemples : sur la pénibilité (bravo aux députés communistes pour avoir si bien parlé des métiers où les salariés n’ont vraiment pas envie d’avoir le « loisir de se tuer à la tâche », sur le financement de la période de transition, sur la situation faite aux femmes, sur les inégalités entre générations, sur l’espérance de vie en bonne santé et l’âge pivot... Le seul élément gravé dans le marbre est la règle d’or de « l’équilibre financier », avec une baisse du financement et de la part de la richesse nationale consacrée aux retraites. Malgré des mois et des mois de « concertation », de pédagogie, le pouvoir n’a pas réussi à convaincre de la nécessité, et encore moins des bienfaits ou de la justice de sa réforme du système de retraites. En s’attaquant au cœur du pacte social, Emmanuel Macron et le gouvernement ont en fait ouvert un débat de fond portant sur le choix de société (quel travail, quelle vie après le travail, la solidarité entre les générations, le financement de notre protection sociale, les inégalités).



Aujourd’hui, malgré les départs successifs de députés macronistes (un sénateur des Bouches-du- Rhône vient d’annoncer son départ du groupe au Sénat et des députés sont à la manœuvre pour constituer un nouveau groupe au Palais Bourbon), le pouvoir dispose toujours d’une majorité absolue à l’Assemblée nationale. Le 49.3 est donc utilisé contre les oppositions et la démocratie parlementaire, pour mettre fin au débat sur le fond, comme cela avait été le cas pour les travaux de la commission spéciale, et pour mettre un terme à ce spectacle catastrophique pour le pouvoir d’une majorité dos au mur, incapable de défendre sa réforme, confrontée à une opinion publique majoritairement hostile au projet de loi et favorable au recours au référendum comme ultime solution. Après le choix d’une procédure accélérée (pour une réforme qui ne rentrerait en vigueur qu’en 2037, où est l’urgence ?), l’utilisation du 49.3 est donc un nouveau seuil franchi dans la crise politique et démocratique.



Après le mouvement des Gilets jaunes, qui n’a obtenu aucune réponse pérenne sur les deux moteurs de la mobilisation populaire, la démocratie et la justice sociale (via la justice fiscale), puis avec le mouvement sur les retraites, avec des formes de lutte et de mobilisation inédites (encore ce dimanche avec des acteurs de la Comédie française et une pluie qui s’est arrêtée pour les laisser jouer), le macronisme poursuit sa course vers un autoritarisme qui fracture notre société et nourrit la violence. La question de l’avenir politique de notre pays doit être examinée avec gravité. Le pire est possible. Une alternative progressiste est plus que jamais urgente et nécessaire. Engageant sa responsabilité sur ce texte (il ne pourra donc pas le faire sur le volet organique de la réforme), le gouvernement fait tout au contraire preuve d’une très grande irresponsabilité en s’entêtant sur un texte mal préparé, incomplet, flou, à trous avec 29 ordonnances pour 65 articles, non financé, ne garantissant pas l’avenir des retraites et ayant comme seul « imaginaire » celui de travaille plus longtemps pour des pensions réduites. On peut y voir, comme cela est régulièrement rappelé, de l’amateurisme ; c’est aussi la marque d’un pouvoir voulant faire taire les partenaires sociaux, le Parlement, les citoyens, les mobilisations. Un pouvoir pour qui la construction d’un compromis n’est plus un objectif pour travailler à l’intérêt général.

Un nouveau seuil dans la crise politique

Face aux réactions dénonçant un passage en force et un aveu de faiblesse, le Premier ministre évoque un dispositif prévu par la Constitution, déplore la stratégie « d’obstruction parlementaire » de l’opposition, et promet un « nouveau texte, enrichi de tous les acquis de la négociation avec les partenaires sociaux et d’un grand nombre d’amendements venus de la majorité parlementaire ». Édouard Philippe a adressé un courrier aux partenaires sociaux sur la « poursuite des travaux de la conférence de financement », en précisant qu’à défaut d’accord entre les organisations syndicales et patronales, « le gouvernement prendra ses responsabilités, aussi bien en matière de retour à l’équilibre qu’en matière de pénibilité ». Cette tentative d’apaisement et de diversion est vouée à l’échec. Le gouvernement a voulu profiter de l’inquiétude des Français sur le coronavirus et le risque d’une crise sanitaire pour, en plein week-end, faire passer le 49.3. Cela a eu l’effet inverse avec des rassemblements spontanés, à Paris devant l’Assemblée nationale et dans de très nombreuses villes. D’autres mobilisations sont programmées pour aujourd’hui et demain.

Du côté des syndicats, la CFDT, dans un communiqué, déplore « que les débats n’aient pas pu se tenir jusqu’au bout », renvoyant dos à dos « la multiplication stérile d’amendements sans aucun intérêt et le recours au 49.3 » et donnant rendez-vous lors du passage du texte au Sénat. La CFDT attend des bougés sur la pénibilité afin « de conjuguer régime universel et justice sociale ». Pour la CGT, Philippe Martinez a annoncé une nouvelle mobilisation dès cette semaine. L’intersyndicale se réunit lundi matin pour fixer ce calendrier.



Quelles suites ? Deux motions de censure ont été déposées. L’une par les groupes de gauche (PCF, LFI, PS), l’autre par LR. Le débat aura lieu mardi. La création d’une commission d’enquête sur la sincérité, l’exhaustivité et l’exactitude de l’étude d’impact sera discutée mercredi. Dans son avis au vitriol, le Conseil d’État, plus haute juridiction administrative, avait jugé la réforme incomplète, concluant à l’impossibilité de « garantir la sécurité juridique » du projet de loi. Le Conseil constitutionnel sera saisi. De nouvelles journées nationales de mobilisation feront entendre l’opposition à cette réforme des retraites et au coup de force démocratique. Dans un tel contexte, la bataille pour un référendum est plus que jamais centrale. Dans un récent sondage, 67 % des personnes interrogées ont demandé l’organisation d’un tel référendum sur l’avenir des retraites.


mercredi 4 mars 2020

la pandémie de Coronavirus

Publié le 04/03/2020 par PCF
Ce que nous apprend déjà 
la pandémie de Coronavirus


À l’heure où nous écrivons ces quelques lignes nous ne savons pas encore quelle sera l’évolution de cette pandémie virale (sa durée, son extension, le nombre de victimes, l’impact en Franc, etc.). Pour autant, nous pouvons déjà faire plusieurs observations.


Le point de départ est en Chine en décembre et, après quelques moments de flottement durant les deux premières semaines, des mesures rigoureuses et impressionnantes de prévention ont été prises par les autorités chinoises : confinement strict et visiblement respecté de plusieurs dizaines de millions de personnes, construction en urgence de milliers de lits hospitaliers pour faire face à l’afflux de malades, mobilisation de forces médicales de réserve, organisation de la distribution de nourriture, etc. Cette façon de faire a impressionné le monde. La population chinoise, dans sa majorité, a adhéré et respecté les directives. On n’est pas sûr que l’Occident aurait obtenu de tels résultats et aurait été capable d’agir avec une telle ampleur. Wuhan, c’est aussi grand que l’Île-de-France… Les progrès de la biotechnologie ont permis aux Chinois d’établir en un temps record le génome du virus et des outils de diagnostic biomoléculaire ont été créés. La coopération mondiale a été exemplaire de ce point de vue.

En France, des mesures sérieuses ont conduit à limiter la contagion, mais l’incertitude sur l’évolution reste incontestable. Le ministère de la Santé a bien géré le premier épisode, mais voici que l’infection s’étend ; l’Italie est sérieusement touchée ainsi que d’autres pays. Le gouvernement français touche maintenant aux limites de ce qu’il peut faire du fait des politiques qu’il a suivies antérieurement. Tant de lits hospitaliers ont été fermés et la crise hospitalière est tellement importante qu’on ne voit pas comment on pourrait faire face à une arrivée massive de patient·e·s sans mettre en péril les autres hospitalisé·e·s. Selon une étude du ministère de la Santé publiée en octobre 2019, 4 200 lits d’hospitalisation complète ont été fermés en 2018 par Mme Buzyn. Les services d’urgence sont saturés en permanence. Aurait-on la capacité de créer des lits supplémentaires comme l’ont fait les Chinois ? Le doute est permis. L’État n’a aucune réserve de masques et des réunions tenues au ministère cette semaine ainsi qu’à l’ARS Île-de-France ont montré qu’il y avait une incapacité à offrir ces fournitures : on a conseillé aux professionnels de santé d’utiliser les restes de stocks de l’épidémie de 2009, or ils ont été détruits car périmés… Il n’y a plus aucun masque disponible. Si la crise s’aggrave en France, la sérénité gouvernementale sera probablement très vite mise à mal. Qui plus est, nous n’avons plus les capacités industrielles de produire ces masques. Quant aux prix, ils flambent. Multipliés par plus de 10 en quelques jours. L’économie de marché est incapable de faire des choix acceptables en termes d’éthique sanitaire. Et la politique d’austérité néolibérale appliquée au système de santé en fermant des lits, en mettant dans la crise permanente les hôpitaux, en réduisant le nombre de médecins, en économisant sur les stocks nécessaires pour la sécurité d’approvisionnement en matériel et en délocalisant l’industrie met le pays en grande difficulté.

La pandémie est aussi en train de provoquer une crise économique, à moins qu’elle n’en soit que le révélateur. C’est peut-être la raison pour laquelle les Bourses « dévissent » dans une proportion qui peut sembler irrationnelle eu égard au caractère nécessairement transitoire de l’épidémie. La spéculation trouve ici encore des motifs d’exercer ses talents. Le coronavirus nous apprend la fragilité d’une économie non planifiée, spéculative, ne tenant aucun compte des besoins fondamentaux humains, en particulier ceux de la sécurité des approvisionnements sanitaires et de la santé en général.

Maryse Montangon, membre du CEN, responsable du collectif Santé, Protection sociale.

mercredi 26 février 2020

COMPRENDRE NOTRE ÉPOQUE

Jojo le gilet jaune
Lecture théâtralisée
textes de Danielle Sallenave
par Françoise Sage et Annick Reigné
compagnie La Carillon de Thonon-les-Bains


À PROPOS DE
« JOJO LE GILET JAUNE »
Danielle Sallenave est une femme de lettres, académicienne issue d'un milieu modeste et elle ne l'a
jamais oublié.
Alors, quand elle entend un jour le Président de la République se plaindre que les médias font plus
de place à « Jojo le Gilet Jaune » qu'à un ministre, elle prend la plume pour dire haut et fort ce
qu'elle en pense. Cela donne un cahier de soixante pages dans lesquelles elle expose et analyse
« l'étendue et la profondeur de la fracture qui sépare les « élites » des « gens d'en bas ». Fracture
géographique, économique, politique et sociale. Et surtout fracture culturelle entre les habitants des
grandes villes et tous les autres ». Deux comédiennes liront un montage de différents passages
qui illustrent particulièrement son propos. La lecture sera théâtralisée, c'est-à-dire que les moyens
du théâtre ( accessoires, déplacements, éclairage) seront utilisés pour mettre en valeur le texte que
qui sera présenté..
A. R.
Des partis ? pour quoi faire ?
Bernard VASSEUR
Philosophe
vendredi 14 février


Décembre 2018: Les Gilets Jaunes apparaissent sur les ronds-points. Le monde des invisibles se révolte. Ils nous font part de leurs difficultés de vie, et surtout veulent être vus. Bien souvent, c'est la première fois qu'ils manifestent.
Mais les syndicats et les partis politiques sont rejetés; même ceux luttant, comme eux, pour un monde meilleur depuis de nombreuses années. Ce rejet de la classe politique, déjà repéré lors de la création de "mouvements"  comme La France Insoumise ou la République en Marche, est très fort.
La revendication d'une démocratie directe est une exigence. Pas besoin d'intermédiaire organisé.
La démocratie représentative est chahutée.
Mais ne reste t-elle pas, quand même, la garante de projets portés collectivement avec, pour tous, un même niveau d'information, garante de projets portés jusqu’à la mise en place de la loi dans une cohérence idéologique ?
N'a t-on plus besoin de partis politiques ?
Ne sont-ils pas porteurs d'éducation populaire, ne sont-ils pas le lieu de débats où s'élabore une vision de la société, et des programmes de gouvernement pour y parvenir ?
Les mouvements populaires n'ont ils plus besoin d'être accompagnés par une réflexion organisée qui trouve, dans le temps, sa cohérence ?
La démocratie peut elle se passer de partis ?
Peut-elle, en particulier, se passer d'un parti révolutionnaire qui s'inspire de la pensée marxiste ? Que serait "le modèle social français" si le Parti communiste n'avait pas existé ? Nous proposons d'en débattre après le spectacle "Jojo le Gilet Jaune" en présence de Bernard Vasseur, philosophe marxiste.

Jean-philippe

Communiste !
avec Marx
Bernard VASSEUR
samedi 15 février


LES COMMUNISTES FRANÇAIS SONT-ILS UTILES ?

Petit rappel historique

Par deux fois, à la fin de la Seconde Guerre mondiale et lors du premier mandat présidentiel de François Mitterrand, les Communistes ont participé au gouvernement. Ils n'y furent pas inutiles...

La Sécurité sociale, c'est Ambroise Croizat

Le programme du Conseil National de la Résistance, en mars 1944, prévoyait un « plan complet de sécurité sociale visant à assurer, à tous les citoyens, des moyens d’existence dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail ».
Il appartiendra au ministre communiste du gouvernement dirigé par De Gaulle, l'ancien métallo Ambroise Croizat, de le mettre en œuvre, avec l'Ordonnance du 19 octobre 1945 . L'ordonnance créée un système de sécurité sociale en France, géré par les partenaires sociaux, financé par des cotisations à la charge des employeurs et des salariés.
Ainsi, fondée sur la solidarité, la justice sociale, la démocratie et une meilleure répartition des richesses créées, la Sécurité sociale a permis une amélioration considérable de l’état sanitaire de la population, la création des CHU et un considérable progrès de la recherche dans le domaine de la santé. Elle a aussi été un puissant levier de relance de l’économie et la promotion du progrès social dans notre pays.

Le statut général des fonctionnaires de l'Etat et des collectivités territoriales.c'est Anicet Le Pors

Le 13 juillet 1983, est adoptée la loi dite loi Le Pors, qui unifie les trois fonctions publiques (d'État, territoriale et hospitalière).
Dans un récent entretien avec un journaliste de la revue Fonction publique, l'ancien ministre en montre la portée :
« Elles ont marqué un progrès tant dans l'ordre de la clarification de l'organisation de la Fonction publiique territoriale que dans celle de l'amélioration des conditions matérielles et morales des agents publics des collectivités territoriales. Ceux-ci ont tout d'abord bénéficié des avancées du statut des fonctionnaires de l'État définies en 1946 (…) : régime spécial de protection sociale et de retraite, droit syndical, organismes paritaires, etc. Ils se sont vu également reconnaître les nouveaux droits expressément introduits en 1983 dans le titre 1er pour tous les fonctionnaires : droit de négociation reconnu aux organisations syndicales, droit à la formation permanente, à l'information, droit de grève, liberté d'opinion, la mobilité reconnue garantie fondamentale, etc. Cette loi du 13 juillet 1983 a fait des agents territoriaux des fonctionnaires, sur un même pied d'égalité que les autres. On a tourné le dos à la loi de finances du 31 décembre 1937, qui interdisait aux communes de dépasser les rémunérations versées aux fonctionnaires de l'Etat pour des fonctions équivalentes. On peut parler de dignité restaurée » .

D'acord, mais ça, c'est le passé. Qu'en est-il aujourd'hui ?
Ian Brossat, maire-adjoint de Paris, président de l'AECR (Association des Élus Communistes et Républicains), répond en illlustrant, dans le nuéro de janvier-février de la revue Cause commune, le rôle des élus communistes :
« Pour évoquer le communisme municipal du XXIe siècle, il suffit de regarder toutes les innovations mises en place par nos maires, par nos élus en situation de responsabilité sur tout le territoire. Quelques exemples : l’instauration de budgets participatifs permettant aux citoyens de trancher les projets à financer comme à Montreuil, l’implantation d’un centre de santé dans un désert médical comme à Grigny, la mise en place d’une complémentaire santé communale comme à Allonnes, un « check-up » santé offert aux jeunes de 18 ans comme à Villeneuve-Saint-Georges, la création d’un relais des assistantes maternelles comme à Gentilly, la mise à disposition de locaux et de moyens humains et technologiques pour aider les élèves en difficulté comme à Gennevilliers, la municipalisation de l’eau avec gratuité des trente premiers mètres cubes consommés comme à Roquevaire, l’aide au développement d’entreprises de l’économie sociale et solidaire comme à Tarnos, la mise en place avec la métropole de chaudières à biomasse pour accroître la part des énergies renouvelables comme à Vénissieux, 50 % de repas bio dans les cantines municipales comme à Martigues, des projets innovants de démocratie locale et de concertation avec les habitants comme à Dieppe ou La Courneuve, la mise en place d’un permis de louer contre l’habitat indigne comme à Aubervilliers… Malgré les difficultés qui s’accumulent, nos communes sont autant de républiques sociales à elles toutes seules. Voilà notre modèle ».

OUI, DÉCIDÉMENT, TANT AU PLAN LOCAL QU'AU PLAN NATIONAL, LES COMMUNISTES SONT UTILES !






samedi 22 février 2020

SANTÉ DANS LE CHABLAIS : DES ACTES !

Une très belle soirée de débat 

avec plus d'une centaine de participant-e-s sur le projet de centres de santé publics dans le Chablais, en présence du Dr Richard Lopez, président de la coopérative "La Fabrique des centres de santé", médecin généraliste dans un centre nouvellement créé en Saône et Loire (avec 19 antennes à ce jour) par le Conseil Départemental.


De nombreux élu-es et candidat-es aux municipales présent-e-s, 
ainsi que Mmes Leï et Mahut, Conseillères Départementales, qui soutiennent ce projet. 
Prochaine étape : 
présentation du projet en présence du Dr Lopez à la commission sociale du Conseil Départemental, 
le rendez-vous est acté ! 
Maintenant, aux actes.


le centre de santé public, serait une victoire pour la santé des chablaisien ne s, pour les citoyen ne s et pour les candidat e s aux élections municipales qui se battent sans compter pour ce projet

DÉBAT D'ATTAC CHABLAIS 10/02/2020

 Intervention de Michel  Vuillaume :
sur la défense des services publics 
et de l'accès aux soins 
au débat d'Attac Chablais pour la liste 
Le Printemps de Thonon, 
avec tous les candidat-es aux municipales :



     



















   "Parce que nous avons à coeur de défendre l'ensemble des services publics de la ville et du Chablais, nous faisons nôtre la devise “Mieux vaut payer des fonctionnaires que des actionnaires”.
De ce fait, nous mettrons fin à l'ensemble des délégations de services publics lorsqu'elles arriveront à échéance. Le stationnement, les parkings souterrains, le périscolaire, les cantines et repas à domicile, seront repris en gestion municipale permettant ainsi un contrôle direct sur les coûts et le respect des missions, en particulier pour développer l'alimentation biologique dans les cantines avec la création d'une cuisine centrale municipale.
Nous créerons également une ferme pédagogique et une Maison de la Nature.
Nous resterons vigilants, au sein de Thonon-Agglomération, pour que le réseau d'eau et d'assainissement reste public. Nous proposerons que les premiers mètres cubes soient gratuits et qu'un tarif différentiel soit appliqué pour les gros consommateurs, en prenant en compte la composition familiale des abonnés.
La défense et le développement des services publics nationaux, régionaux et départementaux, tels que le Palais de Justice, l'Hôtel des Impôts, les collèges et lycées, la desserte ferroviaire, tant attaqués par les politiques d'austérité, seront nos priorités. Nous mobiliserons les élus et la population si des menaces venaient à se présenter.
Concernant l'enseignement primaire et maternel, nous créerons deux nouvelles écoles publiques, une à l'est, une à l'ouest. Nous créerons une nouvelle crèche municipale, au sein d'un espace inter-générationnel avec un nouveau foyer-logement pour personnes âgées. Nous développerons un service d'aides à domicile municipal pour les personnes âgées et les personnes à mobilité réduite.
Concernant la culture, nous reprendrons le cinéma L'Excelsior en gestion municipale pour y créer un cinéma d'art et d'essai et une salle de concert ou de représentation pour les groupes locaux, nous effectuerons les travaux nécessaires pour son accessibilité aux personnes à mobilité réduite.
Nous créerons une Maison des Associations, dans l'ancienne caserne des pompiers si les locaux le permettent, de même qu'un lieu d'exposition municipal pour les artistes locaux avec mise à disposition d'ateliers de création.
Pour la défense du droit au logement pour tous, nos élus agirons au sein de Léman-Habitat pour que l'office reste public et géré localement, les orientations gouvernementales incitant les offices public et privés à fusionner. Nous mobiliserons les locataires en cas de besoin. Nous agirons pour une augmentation significative de créations de logements sociaux, avec des loyers abordables pour les catégories sociales les plus fragilisées et les handicapés, et pour accélérer les réhabilitations et l'isolation des logements anciens. Nous agirons pour que Thonon atteigne le plus rapidement possible le seuil légal des 25% de logements sociaux.
Concernant les Hôpitaux du Léman, nos élus resteront extrêmement mobilisés pour le maintien de toutes les activités médicales des HDL, avec une vigilance particulière pour le maintien des services d'hospitalisation en psychiatrie, dont l'avenir sur Thonon n'est toujours pas garanti au delà de deux ans, depuis le rattachement administratif à l'hôpital psychiatrique de La Roche sur Foron.
Concernant le droit à la santé pour tous nos concitoyens, nous créerons un centre de santé public dans la Galerie de l'Etoile, avec des médecins généralistes et des infirmières salariés. Ce centre accueillera la petite urgence et assurera tous les volets de prévention, actuellement peu ou pas effectués sur les différents quartiers de la ville. Ce centre de santé public appliquera le tiers-payant et sera conventionné en secteur 1. Nous inscrivons cette réalisation dans un projet plus large, issu des travaux du colllectif santé-Chablais, prévoyant la création de quatre autres antennes situées sur les différents territoires du Chablais. Nous proposons au Conseil Départemental d'en être le gestionnaire, des discussions sont actuellement en cours entre le collectif, les conseillers départementaux et l'ARS à ce sujet. Une soirée débat de présentation du projet aura lieu le 21 février à 20h à l'auditorium de Margencel, vous y êtes toutes et tous conviés."Mon intervention sur la défense des services publics et de l'accès aux soins au débat d'Attac Chablais hier soir pour la liste Le Printemps de Thonon, avec tous les candidat-es aux municipales :
"Parce que nous avons à coeur de défendre l'ensemble des services publics de la ville et du Chablais, nous faisons nôtre la devise “Mieux vaut payer des fonctionnaires que des actionnaires”.
De ce fait, nous mettrons fin à l'ensemble des délégations de services publics lorsqu'elles arriveront à échéance. Le stationnement, les parkings souterrains, le périscolaire, les cantines et repas à domicile, seront repris en gestion municipale permettant ainsi un contrôle direct sur les coûts et le respect des missions, en particulier pour développer l'alimentation biologique dans les cantines avec la création d'une cuisine centrale municipale.
Nous créerons également une ferme pédagogique et une Maison de la Nature.
Nous resterons vigilants, au sein de Thonon-Agglomération, pour que le réseau d'eau et d'assainissement reste public. Nous proposerons que les premiers mètres cubes soient gratuits et qu'un tarif différentiel soit appliqué pour les gros consommateurs, en prenant en compte la composition familiale des abonnés.
La défense et le développement des services publics nationaux, régionaux et départementaux, tels que le Palais de Justice, l'Hôtel des Impôts, les collèges et lycées, la desserte ferroviaire, tant attaqués par les politiques d'austérité, seront nos priorités. Nous mobiliserons les élus et la population si des menaces venaient à se présenter.
Concernant l'enseignement primaire et maternel, nous créerons deux nouvelles écoles publiques, une à l'est, une à l'ouest. Nous créerons une nouvelle crèche municipale, au sein d'un espace inter-générationnel avec un nouveau foyer-logement pour personnes âgées. Nous développerons un service d'aides à domicile municipal pour les personnes âgées et les personnes à mobilité réduite.
Concernant la culture, nous reprendrons le cinéma L'Excelsior en gestion municipale pour y créer un cinéma d'art et d'essai et une salle de concert ou de représentation pour les groupes locaux, nous effectuerons les travaux nécessaires pour son accessibilité aux personnes à mobilité réduite.
Nous créerons une Maison des Associations, dans l'ancienne caserne des pompiers si les locaux le permettent, de même qu'un lieu d'exposition municipal pour les artistes locaux avec mise à disposition d'ateliers de création.
Pour la défense du droit au logement pour tous, nos élus agirons au sein de Léman-Habitat pour que l'office reste public et géré localement, les orientations gouvernementales incitant les offices public et privés à fusionner. Nous mobiliserons les locataires en cas de besoin. Nous agirons pour une augmentation significative de créations de logements sociaux, avec des loyers abordables pour les catégories sociales les plus fragilisées et les handicapés, et pour accélérer les réhabilitations et l'isolation des logements anciens. Nous agirons pour que Thonon atteigne le plus rapidement possible le seuil légal des 25% de logements sociaux.
Concernant les Hôpitaux du Léman, nos élus resteront extrêmement mobilisés pour le maintien de toutes les activités médicales des HDL, avec une vigilance particulière pour le maintien des services d'hospitalisation en psychiatrie, dont l'avenir sur Thonon n'est toujours pas garanti au delà de deux ans, depuis le rattachement administratif à l'hôpital psychiatrique de La Roche sur Foron.
Concernant le droit à la santé pour tous nos concitoyens, nous créerons un centre de santé public dans la Galerie de l'Etoile, avec des médecins généralistes et des infirmières salariés. Ce centre accueillera la petite urgence et assurera tous les volets de prévention, actuellement peu ou pas effectués sur les différents quartiers de la ville. Ce centre de santé public appliquera le tiers-payant et sera conventionné en secteur 1. Nous inscrivons cette réalisation dans un projet plus large, issu des travaux du colllectif santé-Chablais, prévoyant la création de quatre autres antennes situées sur les différents territoires du Chablais. Nous proposons au Conseil Départemental d'en être le gestionnaire, des discussions sont actuellement en cours entre le collectif, les conseillers départementaux et l'ARS à ce sujet.