Le Chablais gagne 200 emplois chez Thales et perd son lycée professionnel #TDE16
Désindustrialisation et perte d’attractivité face à la Suisse
Au bord du lac Léman, les coureurs parcourront les 26 km séparant Évian de la capitale du Chablais : Thonon-les-Bains. Entre le secteur tertiaire, représentant 70 % des entreprises et administrations locales, et la proximité avec la Suisse, favorisant grandement l’emploi frontalier, l’industrie peine à suivre et ne représentait que 5,2 % des entreprises et administrations fin 2024.
Toutefois, la société des eaux minérales d’Évian reste le premier employeur privé du Chablais, et des entreprises comme Altema, les Papeteries du Léman et Thales, non sans luttes sociales, restent ancrées sur le territoire.
La lutte menée par les syndicats pour préserver le site industriel chablaisien
Au cœur de la zone industrielle de Vongy à Thonon-les-Bains, les salariés de Thales sont enfin fixés après deux décennies d’incertitude quant à l’avenir du site.
En effet, le site thononais a vu le jour dans les années 60 et se spécialise rapidement dans la production de tubes électroniques utilisés dans de nombreux domaines (industrie, télécommunications satellitaires, médical, défense…). Mais, à partir des années 2000, faute d’investissement, la technologie est dépassée et commencent alors de longues années d’incertitudes : délocalisation de la recherche et développement, projet de construction d’un bâtiment pour la production d’accélérateurs linéaires de protons pour l’imagerie médicale jugé finalement trop coûteux, arrêt prévu de la production des tubes électroniques car pas assez rentables, avant un retour en arrière.
Ce n’est finalement qu’en 2026, après des années de mobilisation de la CGT et de la CFE-CGC, que la relance du site est assurée, avec une subvention de la région Auvergne-Rhône-Alpes allouée pour l’équipement et la formation des salariés. Alors que l’entreprise compte actuellement moins de 200 salariés, il est prévu de doubler l’effectif dans le cadre de ce plan de relance.
Néanmoins, le site produira désormais des circuits imprimés utilisés dans les équipements militaires. Le retour en France de ce type de production est une demande de l’État aux grands groupes de l’armement. Cette décision est salutaire pour la Défense du seul territoire national, mais rapidement problématique lorsqu’on sait que Thales vend déjà des pièces à Israël pour la fabrication de drones meurtriers envers le peuple palestinien.
Avec cette création de 200 emplois se pose la question de la formation des futurs salariés : quel est l’état des lieux de l’enseignement professionnel chablaisien ?
L’enseignement professionnel dans le Chablais
Un élu communiste à la ville de Thonon alerte sur la décision de transférer l’ensemble des filières du lycée professionnel du Chablais, pour la rentrée 2029, à Douvaine dans le futur lycée polyvalent (situé à une vingtaine de kilomètres de Thonon), à Annemasse pour la menuiserie, et à Évian pour la gestion administrative, transport et logistique.
Le lycée professionnel du Chablais propose actuellement un bac pro en électrotechnique, énergie, équipements communicants, un bac pro maintenance des équipements industriels, un bac pro en maintenance automobile, etc., qui seront donc beaucoup moins attractifs pour les jeunes chablaisiens. Les places en lycée pro étant déjà réduites et menant chaque année à des redoublements ou des orientations scolaires imposées, la situation risque d’être encore plus tendue.
En effet, ce transfert réduira drastiquement l’offre de formation professionnelle dans le Chablais, les lycées pros privés ne proposant que des formations dans le tertiaire, tout comme le lycée hôtelier de Thonon et le lycée polyvalent d’Évian. Dans le bâtiment du lycée professionnel du Chablais, le CFA associatif dans le domaine de l’automobile continuera pour l’instant d’occuper les murs.
Alors même que la relance industrielle a lieu à Thales, l’enseignement professionnel est un moyen pour les jeunes chablaisiens d’obtenir un diplôme qualifiant, d’apprendre en atelier, ce qui permet de réduire les risques professionnels, tout en leur permettant de suivre des enseignements généraux, bien que réduits à la suite des dernières réformes.
Des partenariats existent d’ailleurs déjà entre l’entreprise et le lycée professionnel, notamment par des dons de matériel. Thales, les responsables académiques et la Région envisagent la création de filières industrielles pour répondre à la création de ces près de 200 emplois. Ces potentielles créations de filières sont encourageantes pour le territoire, mais montrent que l’armement reste la priorité et permet de débloquer des créations de filières, d’emplois et des aides publiques.
L’État agit-il concrètement pour la jeunesse uniquement lorsqu’il s’agit de lui faire produire des armes ?
Samedi 18 juillet, la DJ Barbara Butch devait se produire à Grenoble dans le cadre du festival Cabaret frappé. Son concert a été empêché brutalement.
Il lui est reproché d’avoir signé une tribune soutenant l’insoutenable loi Yadan. Sa prestation ne consistait pas à défendre cette opinion mais à produire un set musical.
Nous combattons la loi Yadan, qui entend elle-même porter une atteinte gravissime à la liberté d’expression. On a le droit de ne pas vouloir venir partager une soirée avec une artiste qui a pris position politique en sa faveur et de faire entendre sa révolte face à cette opinion. Mais est-on fondé à interdire, de fait, ses prestations ?
Barbara Butch doit pouvoir se produire là où elle est invitée et programmée.
La gauche défend la liberté de création et d’expression, toute la liberté de création et d’expression dans le respect de la loi, en même temps qu’elle mène la bataille des idées qui est la sienne en tous domaines. Y porter atteinte, c’est donner des arguments à l’extrême droite et ajouter de la confusion dans le débat public.
Commission Culture du PCF,
Le 21 juillet 2026.
Il aura fallu près de vingt ans pour que cette proposition de Jean-Marie Le Pen trouve une majorité à l’Assemblée nationale. En 2007, dans son programme présidentiel, l’ancien président du Front national proposait déjà de « mettre fin à la suspicion qui pèse sur les forces de l’ordre lorsqu’elles font usage de la force, en créant une présomption de légitime défense ». Le 7 juillet, une proposition de loi similaire, portée par le député LR Éric Pauget, a été adoptée avec les voix du Rassemblement national, des « Républicains » et des macronistes.
Pour Margot Pugliese, avocate pénaliste et membre de l’ONG Flagrant Déni, ce rappel permet de resituer le texte dans une histoire politique plus longue : celle d’une revendication d’abord portée par l’extrême droite, puis progressivement reprise par la droite parlementaire et le camp macroniste. Hugo Partouche, membre du Syndicat des avocats de France, y voit le même déplacement :


















