À Ceuta, des dizaines de milliers de femmes, d’hommes et d’enfants ont été précipités dans une situation dramatique entre le Maroc et l’Espagne. Plusieurs dizaines de personnes seraient mortes et des milliers de mineurs figureraient parmi les arrivants. La priorité doit aller au secours des personnes en détresse, à la protection des enfants et au respect de la dignité humaine.
Toute la lumière doit être faite sur ce drame. Si des êtres humains ont été délibérément utilisés pour exercer une pression diplomatique de la part de l'État marocain, cette instrumentalisation est indigne. Aucun différend concernant l’Algérie, le Sahara occidental, Ceuta ne peut justifier d’utiliser des populations comme armes géopolitiques.
Cette crise révèle aussi la faillite de la politique migratoire européenne. Depuis des années, l’Union européenne sous-traite la surveillance de ses frontières à des pays tiers en échange de financements et de marchandages diplomatiques et elle collabore étroitement depuis des années sur les questions migratoires avec le Maroc. L’Europe devient ainsi complice par l’enjeu de chantages cyniques de la fermeture des voies légales, fermeture qui enrichit les passeurs et pousse les exilés vers des parcours toujours plus meurtriers.
En France, l’extrême droite, suivie par une partie de la droite et de la macronie, cherche déjà à faire croire à une « invasion » imminente de notre pays. C’est faux. Les personnes entrées à Ceuta ne disposent pas d’un libre accès à l’Espagne continentale et donc à la France. La régularisation espagnole, réservée aux personnes installées avant le 1er janvier 2026, n’est pas davantage à l’origine de la situation. Le gouvernement espagnol, le seul aujourd'hui en Europe à résister ouvertement à Donald Trump, fait l'objet de pressions grandissantes du président étatsunien.
Mais combattre ces mensonges ne signifie ni de nier la nécessité de maîtriser démocratiquement les frontières dans le respect du droit international, ni d’abandonner les populations de Ceuta et les services publics espagnols à eux-mêmes. Une politique migratoire à la hauteur des enjeux exigent des règles claires, des moyens publics et une coopération européenne fondée sur le droit et les conventions internationales, plutôt que sur les refoulements collectifs, l’enfermement dans des centres de rétention et la délégation des contrôles à des pays tiers.
Le PCF demande une mobilisation européenne immédiate pour secourir les personnes en danger, protéger les mineurs, rechercher les disparus et garantir l’examen individuel des demandes d’asile. Une enquête indépendante doit établir les responsabilités. La France doit proposer une aide matérielle à l’Espagne, plutôt que mettre en scène la fermeture des Pyrénées pour alimenter les peurs.
Il faut simultanément ouvrir des voies légales et sécurisées de migration, combattre les réseaux de passeurs, remettre en cause le pacte européen qui externalise les frontières et développer des coopérations permettant aux peuples de vivre et de travailler dignement dans leur pays. Cela suppose de rompre avec les politiques de domination, de captation, de prédation pour soutenir les services publics, l’emploi et la souveraineté des peuples, notamment le droit du peuple sahraoui à décider de son avenir.
Les exilés ne sont ni une menace, ni une marchandise, ni une arme diplomatique. Face à ceux qui veulent opposer les travailleurs selon leur nationalité, notre réponse est la solidarité internationaliste et le combat commun contre toutes les formes d’exploitation.
Paris, le 31 juillet 2026 Parti communiste français
Nouvelle fissure dans l’architecture européenne. Qu’importe qu’aucun des 50 000 migrants arrivés à Ceuta, cette enclave espagnole au Maroc, entre le 30 et le 31 juillet, n’ait pu rejoindre le continent et que la quasi-totalité d’entre eux ait pris le chemin du retour, la crise est là, visible.
Fortement instrumentalisée par les droites et extrêmes droites européennes, ainsi que par les sociaux-démocrates danois au pouvoir, la gestion de cet exil d’un ou deux jours illustre les coups de boutoir récurrents contre le droit européen. De manière totalement illégale, l’Italie de Giorgia Meloni (Fratelli d’Italia) a suspendu l’accord de Schengen avec l’Espagne, rétablissant temporairement le contrôle de ses frontières pour les voyageurs en provenance d’Espagne, par voie maritime ou aérienne.
« En vertu du droit de l’UE, aucun État membre ne peut suspendre unilatéralement la participation d’un autre à Schengen. Cette option n’existe tout simplement pas dans l’architecture juridique...




















