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mardi 26 mai 2026

A propos de la délibération UGAP (Groupement d'achat public, concernant la fourniture d'électricité) de la ville de Thonon du 20 Mai 2026

 A propos de la délibération UGAP (Groupement d'achat public, concernant la fourniture d'électricité) de la ville de Thonon du 20 Mai 2026


Voici un exemple flagrant de la nécessité d’avoir une réflexion politique au-delà du seul aspect de la volonté d’être un bon gestionnaire des comptes publics de sa commune. En d’autres termes, la recherche unique de la minimisation à tout prix d’un coût pour soi peut avoir des effets néfastes pour l’ensemble du pays!


L’UGAP organisme de l’État est une union de groupements d’achats publics qui s’adresse aux collectivités territoriales mais aussi à d’autres structures publiques comme les hôpitaux et les établissements d'enseignement public. L'UGAP est sous la tutelle des Ministères du Budget et de l'Industrie, et de l'Education Nationale.

La présente délibération concerne le renouvellement pour 2028 de l’achat par la ville de Thonon à l’UGAP de sa consommation d’électricité (c’est Engie le fournisseur actuel sélectionné par l’UGAP pour la présente période).

Une première question qui n’a pas été posée est celle concernant le fait de renouveler dès maintenant en ce début 2026 notre adhésion à la proposition commerciale Elec2028 de l’UGAP.

Une seconde question porte sur le choix de demander une fourniture à 100 % d’électricité produite à partir d’énergie renouvelables alors qu’il est reconnu l’existence d’un surcoût sur la fourniture de ce type d’énergie (surcoût abaissé par un ensemble de mesures fiscales de l’État auprès de tous les consommateurs d’électricité dans le pays!).

Il nous semble important de rappeler les positions du PCF en matière d’énergie, tout en n’écartant pas les sujets techniques.

Le PCF considère l’énergie comme un bien commun qui doit être fourni à tous de la même façon, au même prix partout sur le territoire, qu’on soit un particulier, une commune ou une entreprise.

Avoir l’indépendance et la souveraineté sur sa production d’électricité est essentiel pour notre pays qui en 2025 a été à nouveau le plus grand exportateur européen de cette énergie et qui s’avère très attractif pour des investisseurs étrangers qui souhaitent installer des centres de données gourmands en électricité, à côté d’autres atouts que sont notre position géographique en Europe et nos réseaux de télécommunications tant terrestres que sous-marins.

Avec son Plan Climat, seul document complet émanant d’un parti politique sur la lutte contre le réchauffement et l’adaptation à ce dernier, le PCF se prononce :


Ce plan s’inscrit dans une autre logique économique à rebours des politiques actuelles au service du capitalisme prédateur sur de nombreux aspects : place des services publics, critères de financement, effort dans la formation et la recherche, développement de l’emploi.


d’une part, pour une électrification forte des usages et donc viser pour 2050 une part de 50 % de l’énergie consommée fournie par l’électricité,

d’autre part pour un mix électrique à 50 % pour le nucléaire et 50 % pour les énergies renouvelables (éolien, solaire, hydro, …)

Dans ces conditions, le PCF se prononce en faveur de la construction de nouveaux réacteurs nucléaires et demande la relance des projets comme ASTRID qui aboutissait à une nouvelle génération de réacteur consommateur d’une partie des déchets produits par les réacteurs actuels, sans oublier la recherche et développement sur la fusion nucléaire avec le projet ITER. A noter que la présidente de la Commission Européenne vient de reconnaître l’erreur majeure de l’abandon du nucléaire par des pays comme l’Allemagne qui paie au prix fort les conséquences des conflits actuels.

Le PCF veut mettre en place un pôle public de l’énergie en rétablissant le monopole de production, de transport et de distribution à des entreprises publiques nationalisées, donc EDF pour l’électricité avec ces filiales RTE pour le transport et ENEDIS pour la distribution.


Il faut avoir en tête que la montée en puissance des énergies renouvelables cause de nombreux problèmes tant pour le fonctionnement des réacteurs nucléaires que pour la création et la rénovation des réseaux de transport et de distribution, du fait de la nature intermittente des productions issues du solaire (le jour seulement) et de l’éolien (quand il y a un vent suffisant mais pas trop fort).

Face à l’explosion des demandes de raccordement de la part de gros et moyens consommateurs (entreprises, centres de donnés, champs de production …) , RTE vient de mener une enquête qui débouche sur un plan de rénovation, de sécurisation et de création à plus de 100 milliards d’Euros d’investissement nécessaire.

Faut-il rappeler aussi les conditions dans lesquelles le secteur de la production et de la commercialisation de la fourniture d’électricité a été libéralisé depuis 1999 !

Pour faire émerger la concurrence dans notre pays, EDF a été contrainte, via le dispositif de l’ARENH (Accès Régulé à l'Energie Nucléaire Historique), de fournir 25 % de sa production nucléaire à ses nouveaux concurrents au prix de revient du MWH (à peine plus de 40 Euros). EDF a aussi été obligée de racheter au prix fort le surplus d’électricité produit par les particuliers et les entreprises qui s’équipent en solaire principalement alors que ces investissements sont aussi aidés par l’État!


Si le nombre de fournisseurs d’électricité a explosé depuis cette date, il n’en est pas de même du côté des producteurs qui ne sont pas autorisés à construire des réacteurs nucléaires pour les raisons de sécurité et de sûreté qu’on peut comprendre, y compris d’ailleurs pour empêcher la prolifération sur le territoire des petits réacteurs modulaires (SMR en anglais).

Les fournisseurs d’électricité spéculent pour la plupart sur le marché européen qu’il faut quitter: l’importation d’électricité oblige à renforcer nos résaux en relation avec ceux de nos voisins, ce qui peut être un facteur important de déstabilisation pour notre fourniture d’électricité, allant jusqu’au risque de black-out.

En fait il y a aujourd’hui seulement 3 producteurs notables d’électricité en France : EDF , ENGIE et Gazel Energies, une filiale du groupe tchèque EPH, groupe que Total Energies vient de racheter.

ENGIE bénéficie donc des subventions étatiques et d’autres origines pour développer la production d’électricité à partir d’énergies renouvelables, en sachant qu’elle représente aussi 40 % de l’hydroélectricité (18 % du total de l’électricité), notamment grâce à sa filiale CNR (Compagnie Nationale du Rhône).

Pour rappel, ENGIE est d’abord un fournisseur d’énergie à partir du gaz, globalement importé alors que Total Energies s’occupe traditionnellement des énergies tirées du pétrole. Ces entreprises face à la baisse volontaire du recours aux énergies d’origine fossile sont donc en phase de s’installer dans le monde de l’électricité à partir d’énergies renouvelables.




Pour toutes ces raisons, les communistes du Chablais souhaitent que la commune et son agglomération se tournent comme fournisseur d’électricité vers EDF qui produit aussi de l’électricité d’origine renouvelable et pour cela de choisir un mix électrique de sa fourniture avec 50 % de nucléaire et 50 % ‘énergies renouvelables.

Les Giboulées de Marx
PCF Chablais