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samedi 6 juin 2026

CONTRIBUTION A L'ENQUÊTE PUBLIQUE SUR L'A412

 LA SECTION PCF DU CHABLAIS
A APPORTE SA CONTRIBUTION
A L'ENQUÊTE PUBLIQUE SUR LE PROJET A412

L'enquête publique sur le projet de l'A412 vient d'être close: notre section PCF du Chablais a produit une contribution dont l'objectif est d'obtenir des modifications au projet présenté et de viser à réduire son coût global sans oublier le sort réservé aux travailleurs.

Si notre section est favorable à la gratuité de ce tronçon d'autoroute, la situation actuelle exige de trouver des solutions pour progressivement aller vers cette gratuité, au moins déjà pour les Chablaisiens dans un premier temps.



Après avoir rappelé rapidement le rôle historique des communistes du Chablais et de leurs élus dans le passé pour obtenir le désenclavement du Chablais, notre contribution porte dans un premier temps sur des aspects techniques:

  • Avenir de l'automobile,
  • Tracé de l'autoroute,
  • Absence d'accès à Bons,
  • Absence d'une aire de repos,
  • Doublement du Pont Rail.


La partie suivante est consacrée à disposer de la meilleure information possible sur le montage industriel, sur le montage d'exploitation et sur le montage financier de ce projet réalisés par le groupe privé Eiffage afin de réduire les pyramides de fournisseurs et de sous-traitances qui permettent d'empiler des marges multiples.

La troisième partie est pour rappeler notre volonté d'aller très vite vers la gratuité pour l'usage de ce tronçon d'autoroute: le coût du péage étant un facteur intervenant de façon prépondérante justement dans le niveau d'utilisation d'une telle infrastructure.

La dernière partie est consacrée aux travailleurs et à leurs formations.

Vous trouverez ci-dessous en italique le texte intégral de cette contribution.

 Un peu d’histoire

Il y a près de 50ans les élus communistes locaux de l’époque proposaient de doubler la N5 afin de désenclaver le Chablais.

Le besoin de désenclavement est plus que jamais d’actualité avec une population de plus en plus nombreuse, de plus en plus mobile, notamment parce que l’emploi n’est pas principalement sur notre territoire et parce que ce dernier importe beaucoup de produits de toute nature (avec malheureusement une forte diminution du fret ferroviaire : voir l’abandon de l’installation ferroviaire dans la ZI de Vongy et la réduction des vacations utilisées par la SAEME).

Et à cause de cela, il y a aujourd’hui un besoin manifeste de réduire le trafic en forte augmentation au sein des communes traversées, pour des multiples raisons que les populations concernées mettent en avant, à savoir sécurité, pollutions, perte de temps, ...

Les communistes du Chablais ont longuement bataillé seuls pour obtenir le désenclavement et il est heureux que tous les élus de droite de notre territoire de la commune au national, totalement apathiques avant, soient aujourd’hui sur cette ligne.

Nous n’avons pas changé d’avis même si la réalisation prévue du projet d’autoroute A412 n’est pas du tout celle pour laquelle nous avons donc combattu.

Le retrait de l’État entériné depuis 2002 par tous les gouvernements successifs de centre gauche et de droite va faire payer 2 fois les Chablaisiens : une première fois pour la réalisation du contournement de Thonon (que tout le monde apprécie aujourd’hui) et une seconde fois parce que l’A412 va être payant, ce que nous ne pouvons pas accepter.

Aujourd’hui un projet existe qu’il faut profondément améliorer sur plusieurs points de vue, tout en reconnaissant que des efforts de nature écologique y sont intégrés, ce qui bien entendu renchérit le coût de cette opération.

Nous sommes totalement conscients des impacts écologiques que le concessionnaire à chercher à minimiser sans les faire disparaître : il reste que nous jugeons cette infrastructure toujours indispensable pour notre territoire. Etat, Région et Département (qui touche aujourd’hui près de 400 millions d’euros par an de la part du Canton de Genève) devraient participer au paiement de ce projet.

Aspects « techniques »

L’avenir de l’automobile

L’automobile est devenu un moyen de déplacement personnel très important, et encore plus important dans un territoire de moyenne montagne comme le nôtre. On voit mal nos concitoyens aller dans le sens d’un abandon de ce moyen de transport, ce qui n’empêche pas de développer d’autres moyens, collectifs notamment : Les Echos viennent juste de publier un sondage indiquant que plus de 75 % de nos concitoyens ne veulent pas abandonner la voiture individuel.

Ce n’est pas l’automobile en soi qui est une préoccupation ultime mais la source d’énergie pour propulser voitures et camions.

Le secteur du transport est l’un des plus émetteurs de Gaz à Effet de Serre et c’est l’électrification de la propulsion des véhicules qui doit être largement amplifiée.

Pour rappel, le plan Climat 2050 du PCF, seul parti à mettre en débat un tel document, propose d’électrifier les usages pour passer de 25 % à 50 % de l’énergie totale consommée dans notre pays : et cela grâce à un mix électrique décarboné à 50 % de nucléaire et 50 % d’énergies renouvelables (Eolien, Solaire, Hydro, …).

Tracé de l’autoroute

Lors de la première réunion publique organisée à Perrignier par la société Amedea, il avait été dit que tout serait fait pour que le tracé définitif de l’autoroute soit toujours au nord de la bande des 300 m allouée par les autorités.

On constate que cet objectif n’est vraiment pas atteint : il faudrait en donner les raisons et voir si on ne peut pas aller plus dans ce sens.

Une seule entrée/sortie intermédiaire

Le projet n’envisage qu’une seule entrée/sortie intermédiaire située à Perrignier.

N’est-il pas possible d’envisager une autre entrée/sortie intermédiaire à la hauteur de Bons, qui est une commune en plein développement, avec sa gare et avec une traversée de Langin toujours délicate ?

Aire d’arrêt

Il semblerait, sauf erreur de notre part, qu’il n’y a pas d’aire d’arrêt prévue hormis celles dédiées au covoiturage : dans la logique du passage à 2 fois 2 voies de la route entre Annemasse et l’accès à l’A40 après le CHAL prévu par le Département qui financera cette opération estimée l’an dernier à 200 millions d’euros, ne faut-il pas envisager une telle aire qui sont rares dans un réseau non autoroutier ?

Pont Rail

Nous réitérons notre exigence pour que la construction de ce pont permette dès maintenant le doublement de la voie ferroviaire.

Ce doublement devrait être entrepris au plus vite pour accroître la sécurité, la fréquence des trains, le retour du fret ferroviaire. C’est un des autres axes de notre bataille pour la mobilité.

L’intermodalité des moyens de transport est la voie que les communistes du Chablais suivent pour améliorer la mobilité dans notre territoire.

A propos des montages industriel , financier et d’exploitation

Voilà la partie totalement opaque, pour ne pas dire autre chose, de ce projet entièrement confié à un groupe privé qui est à la fois juge et partie, en constituant une pyramide de sociétés impliquées avec à sa tête la société Amedea, créée pour la cause mais en fait c’est une coquille vide.

On peut deviner sans beaucoup se tromper que l’objectif d’une telle pyramide va permettre en fin de compte le ruissellement de marges notables vers les actionnaires du groupe Eiffage, marges qu’on voudrait nous faire payer, nous habitants du Chablais et tous ses visiteurs.

Montage industriel

C’est une pratique courante d’amonceler de la sous-traitance pour que chaque niveau engrange une marge, surtout quand il s’agit en plus de sociétés internes à un même groupe.

Ce montage industriel doit être porté à la connaissance de tous nos élus du territoire, avec tous les prix et les marges envisagés.

L’existence de la société Amedea, en prenant toutes les responsabilités, va servir aussi à protéger le groupe Eiffage de tous les problèmes rencontrés pour la réalisation de ce projet puisque l’expérience est que tout ne peut être prévu à l’avance.

Nous demandons qu’un suivi public serré du projet soit organisé avec des élus locaux de l’agglomération de Thonon. Toutes les modifications envisagées au cours du projet doivent être approuvées par cet organe de suivi.

Ce suivi doit aussi porter sur l’engagement du concessionnaire Amedea de faire appel à des sociétés et des travailleurs locaux pour la réalisation d’au moins 10 % du projet.

Montage financier

C’est la société Amedea qui va porter le coût du projet pour la partie qui la concerne (le département et SNCF Réseau intervenant pour la partie ferroviaire si nous avons bien compris, en profitant de la présence des sociétés Eiffage pour la réalisation de l’autoroute).

Pour cela, Amedea va contracter un (ou plusieurs) emprunt(s) qui vont donner lieu à un remboursement étalé avec paiement de taux d’intérêt. Ce remboursement étant donc financé par les recettes de péage à flux libre.

Nous exigeons que soit examiné le recours à l’État pour obtenir ces emprunts à un coût le moins élevé possible, en comparaison des possibilités de prêts que le groupe Eiffage pourraient proposer à la société Amedea qu’il a constituée à cet effet.

Phase d’exploitation

On a là aussi le même genre de montage que pour la phase de réalisation : la phase d’exploitation est ainsi confiée à la société Amedea qui doit la sous-traiter à la société Area filiale du groupe Eiffage. Elle engendre aussi des coûts qu’il faudra financer, ce qui aura un impact sur le coût du péage à flux libre pour les usagers-clients de l’A412.

Nous demandons que des nouveaux salariés soient embauchés en CDI par Area pour l’exploitation et la maintenance de ce tronçon d’autoroute, soient recherchés en local et soient formés, qu’ils bénéficient des mêmes conventions et avantages que les autres salariés d’Area et qu’on leur attribue une prime supplémentaire de vie chère puisque c’est l’un de nos problèmes principaux dans le Chablais pour les salariés travaillant dans notre territoire.

Recours au péage à flux libre

La société Amedea pour financer toutes ses dépenses projette la mise en place d’un péage à flux libre et proposera des abonnements à prix réduits au regard du nombre de trajets retenus.

Il est évident que les prix dépendront de chaque coût identifiés dans le chapitre précédent et qu’ils seront impactés par les marges envisagées par les différentes filiales du groupe Eiffage impliquées.

De notre côté, nous souhaitons aboutir rapidement mais progressivement à une gratuité pour les usagers futurs de l’A412.

Un tarif plus favorable que les abonnements devrait être proposé aux Chablaisiens qui auront déclaré leur(s) véhicules, qu’ils soient des particuliers ou des entreprises locales, quelle que soit leur taille, s’ils ne dépassent pas un nombre plafond de trajets par mois à déterminer (déplacements occasionnels).

Il faudra batailler pour que les entreprises, y compris suisses, participent au financement des abonnements des usagers salariés qui utiliseront l’A412 pour se rendre à leur lieu de travail.

Sécurité et Formation des travailleurs

Notre pays est devenu l’un des pires de l’Union Européenne en nombre d’accidents du travail et en nombre d’accidents mortels.

Avec les syndicats, nous réclamons la remise en place des CHSCT qui ont été intégrées avec missions et moyens réduits dans les CSE des entreprises lorsqu’il y a un CSE.

On ne peut pas transiger sur la question de la sécurité au travail et il faut donc donner toute leur place aux représentants des travailleurs dans le suivi du projet au jour le jour.

Il faut aussi s’assurer que les travailleurs impliqués disposent bien des formations adéquates pour réaliser les tâches qui leur seront confiées.

Et cette exigence prend encore plus d’ampleur auprès des stagiaires qui devraient être appelés à intervenir dans ce projet pour leur formation : celle-ci doit être encadrée par un tuteur responsable et ne pas obliger les stagiaires à effectuer quelque tâche dangereuse quelle qu’elle soit (aucune tâche d’ailleurs pour les élèves de 3ème lors de leur semaine de découverte du monde professionnel).

Il serait formidable donc qu’un lien entretenu soit mis en place avec les établissements d’enseignement, et tout particulièrement avec le lycée professionnel de Thonon que nous souhaitons par ailleurs maintenir à Thonon.