lundi 3 août 2026

Jean Jaurès commémoré à Paris, entre mémoire et combats actuels. - Fifa : une fin de règne pour Gianni Infantino ?. - « Lutte des classes » et mégafeu : des habitants du Porge portent plainte, Sébastien Lecornu dénonce les « complotistes »


Jean Jaurès commémoré à Paris, entre mémoire et combats actuels



Comme chaque année, les forces de gauche ont rendu un hommage à Jean Jaurès, figure du pacifisme et du socialisme, assassiné le 31 juillet 1914 par le nationaliste Raoul Villain. À l'occasion de cette commémoration, organisée ce vendredi 31 juillet au café du Croissant, à Paris, où le fondateur de L'Humanité a été tué, les valeurs qu'il incarnait, la paix, la lutte contre l'extrême droite et la défense de la laïcité, sont une nouvelle fois mises à l'honneur.

Découvrez le discours de Fabien Gay, directeur de L’Humanité, devant les lecteurs du journal, les militants communistes et plusieurs représentants de la gauche.







Fifa : une fin de règne 
pour Gianni Infantino ?


Il n’y aura pas de prolongations. Présenté le 28 juillet, le projet du président de la Fifa de marchandiser encore un peu plus le football n’a pas résisté à la fronde des puissantes confédérations. L’UEFA, qui menaçait de boycotter les compétitions de la Fifa, a été rejointe dans son refus du projet par la Concacaf (Amérique du Nord, Amérique centrale et des Caraïbes) et la confédération asiatique.

En quelques jours, Gianni Infantino a dû remballer sa promesse de verser 20 millions de dollars supplémentaires à chacune des 211 fédérations membres de la Fifa, via une brochette d’investisseurs privés au sein d’une nouvelle société créée à cet effet. Un camouflet pour celui qui se voyait bien, à la fin de son dernier mandat, en 2031, en briguer la direction générale et multiplier des émoluments déjà confortables.

Ce projet était entouré de soupçons de conflit d’intérêts et de clientélisme à quelques mois seulement de l’élection à la présidence de la Fifa, prévue en mars 2027, avec pour l’heure un seul candidat déclaré, Infantino. Parmi les investisseurs mis dans la confidence se trouvait Joshua Kushner, chargé d’attirer des fonds souverains. Il est le frère de Jared Kushner, gendre de Donald Trump, milliardaire-président spécialiste du détournement d’affaires publiques au profit de business plans cyniques, comme le projet de Riviera du Proche-Orient à Gaza.


Lionel Venturini

Journaliste, pôle Enquêtes de l'Humanité.



Histoire politique des figures du football au XXe siècle


Par 

Dans de nombreux pays, le football marque l’histoire du mouvement ouvrier. Si le football populaire et politique n’est pas dominant aujourd’hui, ce sport reste une arène où la gauche peut encore mener le combat.

CC : Vous étudiez les liens complexes entre la gauche et le football du début du XXe siècle à nos jours par l’histoire de différentes figures de ce sport. Pourquoi ce sujet et pourquoi cette approche prosopographique ?

J’ai collaboré par le passé au dictionnaire biographique du mouvement ouvrier Le Maitron, l’approche prosopographique m’a toujours intéressé. Je m’appuie aussi sur les livres de l’écrivain américain Nick Tosches qui établit une histoire du rock à travers des biographies. Mais ma démarche n’est pas qu’historique, je cherche également à démontrer comment le football peut prendre une place dans les combats actuels de la gauche en m’appuyant sur des exemples du passé. De nombreux ouvrages académiques ont été écrits sur le football et les footballeurs – je pense à l’ouvrage de Jean Vigreux et Dimitri Manessis sur Rino Della Negra (Rino Della Negra, footballeur et partisan, Libertalia, 2022). Pour ma part, je voulais interpeller les représentations contemporaines de ce sport en démontrant que le football par le passé a aussi été vécu comme un « socialisme de la jouissance ». Mais les figures mobilisées dans mon travail ne se limitent pas aux joueurs et aux joueuses, elles s’intéressent également à des artistes, des intellectuels, des militants, des journalistes de la presse ouvrière et, naturellement, les supporters.

 

CC : Le nom d’une organisation traverse l’ensemble de votre travail : la Fédération sportive et gymnique du travail (FSGT). Rappelez-nous son histoire et son rôle dans l’histoire du football français ?

La FSGT est très présente dans mon travail, je trouve que c’est un terrain d’expérimentation et de réflexion très intéressant sur le football et j’ai beaucoup écrit sur la notion de sport ouvrier et populaire ou « travailliste ». La FSGT est née le 24 décembre 1934 de la fusion d’une organisation socialiste, l’Union des sociétés sportives et gymniques du travail (USSGT), et de son équivalent communiste, la Fédération sportive du travail (FST). Elle est le produit du rassemblement antifasciste, qui a fait suite aux événements du 6 février 1934, afin de mener la lutte politique dans le monde du sport. Le terrain sportif était à l’époque un petit milieu que le mouvement ouvrier avait déjà investi dès le début du XXe siècle avec une figure comme Abraham Kleynhoff, footballeur et premier journaliste sportif à L’Humanité. Par la suite, la FSGT élargit son combat pour développer un « sport populaire », c’est-à-dire une pratique de masse qui mêle les notions d’émancipation et de plaisir.

« La FSGT est le produit du rassemblement antifasciste, qui a suivi les événements du 6 février 1934, afin de mener la lutte politique dans le monde du sport. »

Dans la continuité du mouvement de mai 1968, on voit apparaître des revendications d’autogestion avec la création du football à sept joueurs (au lieu de onze) « auto-arbitré », dans le but de démontrer qu’il est possible d’avoir une pratique sportive débarrassée de l’autorité coercitive de l’arbitre tout en restant fair-play. Ainsi, le football pratiqué par la FSGT a été un moyen de subversion permettant aux catégories populaires à la fois de s’emparer du football, tout en lui apportant un discours social et politique.

La FSGT ne s’est pas limitée au football, elle a aussi joué un rôle important dans l’escalade, le volley-ball, les arts martiaux en particulier dans le MMA (arts martiaux mixtes) quand il était encore marginal.

 






« Lutte des classes » et mégafeu : 
des habitants du Porge portent plainte, Sébastien Lecornu dénonce les « complotistes »

Tandis qu’un collectif constitué de 700 habitants du village du Porge (Gironde) a annoncé son intention de déposer plainte, s’estimant abandonné au profit de Lège-Cap-Ferret, Sébastien Lecornu a dénoncé l’instrumentalisation de « complotistes ».

L’insulte pour répondre à la douleur et au sentiment d’injustice. Au lendemain du terrible mégafeu qui a ravagé la Gironde et provoqué l’évacuation de plus de 208 000 habitants, le premier ministre, Sébastien Lecornu, a sèchement répondu aux doutes des habitants du village du Porge, commune de 3 465 âmes dévastée par les flammes. Dans la colère, l’idée s’est installée chez certains qu’ils auraient été « sacrifiés » au profit de leurs voisins plus aisés de Lège-Cap-Ferret....