lundi 14 mai 2018

Réforme ferroviaire.


Privatisation de la SNCF : 
les masques tombent. 
Vite un référendum !
13/05/2018 - PCF

La presse s’en fait l’écho. Contrairement à toutes les dénégations du gouvernement et de la direction de la SNCF, c’est bien la privatisation à terme de la SNCF que le pouvoir prépare.

Comment interpréter autrement la volonté de la SNCF de limiter «l’incessibilité » de la SNCF à la seule holding ? Comment justifier sa proposition d'amendement pour filialiser les trains régionaux ? Il n’y a qu’une explication : la volonté de privatiser la SNCF «à la découpe », morceau par morceau.

La pantalonnade de la pseudo-concertation organisée par le gouvernement n’a que trop duré. Les Français doivent être consultés après un débat démocratique. Les syndicats de la SNCF ont à juste titre engagé une consultation de tous les salariés.

Le Parti Communiste Français demande solennellement au gouvernement de suspendre la réforme de la SNCF, et de consulter les Français.

Les Français ont droit à un débat public, contradictoire.

L’avenir de la SNCF, c'est l'avenir du droit au transport pour tou.te.s dans notre pays, de son aménagement du territoire, un enjeu crucial du point de vue environnemental. On ne peut brader la SNCF d’un trait de plume, sans un véritable débat national.

Le PCF renouvelle sa demande d’entrevue auprès du Premier Ministre afin de lui présenter son plan de développement de la SNCF, qui s’appuie sur des propositions de financements simples et efficaces pour reprendre la dette que l’Etat a fait porter à la SNCF.

Cheminots aux urnes, 
exécutif aux abois

Alors que débute aujourd’hui la consultation des cheminots sur le projet 
de réforme du gouvernement, un document révélé par le Parisien 
pourrait jouer en faveur des grévistes.


Coup d’envoi, ce matin, de la grande consultation des cheminots, appelés par l’intersyndicale CGT, Unsa, SUD, CFDT à répondre à une unique question : « Êtes-vous pour ou contre le pacte ferroviaire porté par le gouvernement ? » Une « vot’action » inédite, alors que s’est ouverte hier la neuvième phase d’une grève qui devrait enregistrer, ce jour, un record de participation. Un niveau de mobilisation « impressionnant », confie même la CGT, qui avance un taux global de cheminots grévistes de 49,78 %, « identique au premier jour de grève ! » se réjouit le syndicat majoritaire. Dans le détail, près de 76 % des conducteurs, plus de 74 % des contrôleurs, 36 % des aiguilleurs, 40,5 % des agents d’escale et d’information voyageurs et près d’un tiers des cheminots du matériel (soumis à une déclaration individuelle d’intention) sont d’ores et déjà déclarés grévistes. Le pari d’une « journée sans cheminots » annoncée par les syndicats le 26 avril dernier s’engage donc sur la voie de la réussite, d’autant qu’« il est vital pour ce mouvement sans précédent de frapper un grand coup », estime l’Unsa ferroviaire, deuxième organisation syndicale à la SNCF.
Une sérieuse fausse note dans le discours de la direction

Reste à connaître le taux de participation au référendum interne initié par les organisations syndicales. Concrètement, chaque agent en activité est invité à donner son avis « dans chaque chantier, chaque établissement, au cœur des gares et des bureaux », explique la CGT cheminots. Des urnes seront à disposition dans les assemblées générales du matin quand d’autres seront itinérantes lors de « tournées syndicales » qui devraient écumer jusqu’au 21 mai (date de clôture du vote), « les ateliers, les postes d’aiguillage et les bureaux », précise Bruno Poncet, secrétaire fédéral de SUD rail.

Hasard du calendrier, c’est dans ce contexte propice à la mobilisation que la révélation d’un document confidentiel, hier, par le Parisien, pourrait bien faire souffler le vent de la contestation. Il s’agit du compte rendu interne d’une réunion de travail datant du 4 mai, réunissant direction SNCF et représentants du ministère. Un document dans lequel « on apprend que la compagnie ferroviaire a demandé au gouvernement de limiter l’incessibilité des titres de l’entreprise publique à la seule holding », écrit le quotidien. Une sérieuse fausse note dans le discours porté de concert par la direction et le gouvernement, qui répètent à l’envi que rien dans le projet de loi ne permet d’envisager une quelconque privatisation de l’entreprise publique. Or, si seul l’Epic de tête (la holding) reste dans le giron de l’État, « rien n’empêchera la direction de céder ou d’ouvrir le capital de SNCF Mobilités ou de SNCF Réseau », résume Fabien Villedieu, délégué syndical SUD rail dans les colonnes du Parisien.

« Contrairement à toutes les dénégations du gouvernement et de la direction de la SNCF, c’est bien la privatisation à terme de la SNCF que le pouvoir prépare », a réagi le PCF, qui demande « solennellement au gouvernement de suspendre la réforme » et, s’appuyant sur la consultation de tous les salariés que les syndicats ont « à juste titre engagée », de consulter les Français « par voie de référendum ». Le PCF renouvelle en outre sa « demande d’entrevue auprès du premier ministre afin de lui présenter son plan de développement de la SNCF ».

De leur côté, direction et gouvernement balaient l’affaire et évoquent un simple « document de travail ». Reste que les nuages s’accumulent au-dessus de la tête des promoteurs de cette réforme ferroviaire qui ont d’ailleurs mis les bouchées doubles, ce week-end, non seulement pour discréditer la consultation des cheminots, mais également pour diviser les syndicats. Ainsi, Guillaume Pepy a d’emblée jugé l’initiative syndicale sans « aucune » légitimité, quand Élisabeth Borne, elle, continue de surjouer la carte des syndicats « réformistes » contre « contestataires ». « On a deux organisations syndicales qui souhaitent être forces de proposition », a déclaré la ministre des Transports, faisant référence à la CFDT et à l’Unsa, qui ont repris le chemin des rencontres bilatérales en vue de faire valoir leurs amendements au projet de loi. Habile omission du projet complet de réforme ferroviaire déposé par la CGT sur son bureau et celui du premier ministre au mois d’avril dernier…

journaliste




dimanche 13 mai 2018

Fance 2 TV publique ?


Le PCF interdit d'Émission Politique sur France 2, ça suffit !
11/05/2018 - PCF


Le 17 mai, l'Émission Politique de France 2 est mise en scène sur le thème de la première année de Macron. Le PCF, malgré nos demandes, en est exclu. Notre formation politique n'est d'ailleurs pas la seule victime de cet ostracisme. Le choix du casting obéit à chaque fois aux mêmes règles prétendûment présidentialisées. Des règles au nom desquelles le déni démocratique se répète systématiquement pour toutes les grandes émissions politiques. Rien ne justifie cette mise à l'écart des antennes. Le Parti communiste est l'une des formations les plus actives dans les mobilisations sociales qui dominent l'actualité. Ses élus et ses groupes parlementaires déploient une activité remarquée. Ses propositions animent utilement le débat démocratique. Mais le gouvernement préfère imposer ses interlocuteurs et dicte même la forme des émissions politiques. Le service public n'a pas à se plier à ses injonctions. Le PCF demande donc des engagements précis sur le respect de son droit à la confrontation pluraliste et demande sa participation à l'Emission Politique du 17 mai. La démocratie a tout à y gagner.

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF,

France 2 est une chaine de télévision publique, elle est en parti financé par nos impos comme toutes les autres chaines du groupe France Télévision. Elle est notre bien commun exigeons le pluralisme dans toutes les émissions.




mardi 8 mai 2018

SNCF : autoritarisme et du mépris social du gouvernement

SNCF : 
le gouvernement 
fait le choix du passage en force



08/05/2018 - PCF

        Engagé dans un objectif de destruction de l'unité syndicale, le 1er ministre a invité les syndicats à déposer des amendements concernant le transfert des contrats de travail, la dette et la convention collective nationale, laissant ainsi croire à de possibles négociations.
En réalité il n'existe aucune marge sur ces sujets. La seule boussole guidant le gouvernement est celle du pourrissement du conflit. Rien ne change sur le fond comme sur la forme.

Nous ne pouvons que déplorer un changement de méthode sans pour autant changer de cap : la volonté de détruire l'entreprise historique reste leur leitmotiv. Le ferroviaire ne serait plus au service de la nation mais au service de la rentabilité d'une poignée d'actionnaires.

Le gouvernement occulte totalement la mobilisation massive des cheminots de toutes catégories. Alors que depuis le 3 avril, 1 cheminot sur 2 s'inscrit dans la grève, le gouvernement fait le choix de l'autoritarisme et du mépris social. C'est irresponsable.
Le gouvernement refuse également la tenue de tables rondes tripartites.
Sur la question du fret ferroviaire, nous sommes face à un silence assourdissant.

Cette réforme, technocratique et dogmatique, ne répondra en rien au besoin de mobilité des usagers et à l'urgence écologique.

Le PCF porte l'idée d'un grand Service Public ferroviaire du 21ème siècle, au sein d'une entreprise unique et intégrée, permettant à chacune et chacun de se déplacer quel que soit son lieu de résidence sur le territoire, tout en assurant des conditions de travail décentes pour les cheminotes et les cheminots.

Le PCF réaffirme son soutien et sa solidarité à l'égard des cheminotes et des cheminots en lutte, lutte qu'il faut élargir au delà des portes de la SNCF. Pour répondre à cette nécessité, le PCF appelle à faire du 26 mai une grande journée de mobilisation rassemblant usagers, citoyens, syndicats et partis politiques afin d'exiger du gouvernement un changement rapi
de de cap.






lundi 7 mai 2018

Communistes et écologie

Assises communistes de l'écologie - 
Pierre Laurent


Vendredi soir puis samedi toute la journée, les « assises communistes de l’écologie » ont rassemblé en séance plénière puis en ateliers entre 120 et 130 militants communistes. Venus de tout le pays, ils ont fait part de leur volonté de préparer le prochain congrès du PCF en intégrant avec plus de netteté que par le passé les enjeux liés au réchauffement climatique dans le débat politique.
Le climatologue  Hervé Le Treut est venu samedi en début d’après midi s’exprimer devant les militants communistes qui, depuis la veille, avaient échangé en séance plénière, puis le jour même dans plusieurs ateliers sur les enjeux climatiques. Ses  propos se recoupaient avec ceux tenus par les militants du PCF dans ces ateliers comme en séance plénière. Selon Hervé Le Treut, il faudrait que les réductions  d’émissions de gaz à effet de serre (GES) soient beaucoup plus importantes que celles observées ces dernières années dans trop peu de pays pour espérer contenir le réchauffement climatique à  + 2°C d’ici la fin du siècle en cours par rapport à le période préindustrielle du XIXème.
Mais on n’en prend pas le chemin, ni en France, ni au niveau planétaire. En dépit de la progression de l’énergie solaire et éolienne dans la  production d’électricité, 80% des énergies utilisées dans le monde sont d’origine fossile.  Evoquant cette situation globale, Hervé Le Treut a déclaré : « on a perdu une grande partie de notre flamme d’ingéniérie et les énergies de rechange ne sont pas encore là. L’Europe a imputé à la Chine et à d’autres pays une partie de son bilan carbone à travers les délocalisations de productions qu’elle réimporte ». Le climatologue a mis en garde contre certaines « solutions » qui n’en sont pas comme par exemple la voiture électrique pour tous sans se poser la question de savoir du bilan carbone de l’extraction des matières premières, ni celle de savoir comment sera produite cette demande d’électricité en hausse.

100 milliards de dollars c’est peu pour aider les pays pauvres

On sait qu’il est question de faire alimenter par les pays développés un « fonds vert » à partir de 2020 pour aider les pays pauvres à lutter contre le réchauffement via notamment des productions électriques sans émissions de CO2. Mais « 100 milliards de dollars par an c’est peu au regard de ce qu’il faudrait », a déclaré le climatologue, laissant aussi entendre qu’il faudra aussi éviter que cet argent soit en partie détourné via la corruption.
En ouvrant la séance du vendredi soir, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, avait souhaité faire des enjeux climatiques le « combat communiste du XXIème siècle », citant à ce propos des évolutions inquiétantes comme le recul de la biodiversité, la dégradation de la qualité de l’air, celle de la fertilité des sols, sans oublier la raréfaction de la ressource en eau dans de nombreuses régions du monde .

De l’anticapitalisme à l’économie circulaire

Evoquant les « tares du système de production capitaliste qui pousse sans arrêt aux gâchis en tous genres et à l’obsolescence », Pierre Laurent a invité les communistes à « repenser leur activité au service d’un développement soutenable qui passe par l’anticapitalisme pour nous conduire à l’écologie à l’économie circulaire ». Dans son rapport d’introduction, Hervé Bramy a ensuite rappelé que l’écologie avait fait l’objet d’échanges importants lors de certains congrès du PCF à commencer par le 21ème en 1974. Mais il a aussi fait état d’un sondage selon lequel seulement 2% des Français voient les communistes comme des gens soucieux de promouvoir l’écologie.
Lire : Hervé Bramy : « Nous ne devons plus hésiter à être écologistes »
Pourtant, le débat général du vendredi soir comme les travaux des ateliers du samedi matin ont montré que les militants communistes avaient des choses à dire dans la lutte contre le réchauffement climatique. On peut même affirmer que leur discours sur ces questions est beaucoup plus cohérent que celui tenu par bien des militants se réclamant de l’écologie de manière exclusive. 
Jute avant ces assises communistes de l’écologie, nous avions appris que la France creusait allègrement sa dette écologique en ayant consommé ses ressources renouvelables sur un an dès le 4 mai. Cette étude de l’ONG WWF avec le Global Footprint Network mesure notre empreinte écologique en utilisant des critères comme les émissions de CO2, l’artificialisation des sols agricoles sur de trop grandes superficies, les émissions de méthane des élevages de ruminants. Mais ce type d’étude mesure aussi le captage du carbone par les forêts, les prairies, le milieu marin.
Au regard de ce constat on peut dire que les intervenants communistes ont soulevé les vrais problèmes durant ces deux jours de débats. Telle intervenante a mis  en cause la métropolisation et la concentration des activités économiques du pays dans les grandes agglomérations tandis que la cherté de l’habitat éloigne celui-ci du lieu de travail. Tel autre intervenant a montré qu’il faut aller progressivement vers la gratuité des transports publics pour réduire la circulation des voitures tandis que tel autre suggérait de compléter le dispositif par des transports doux, ce qui suppose de développer les pistes cyclables. Réduire la distance entre la fourche et la fourchette fut un autre sujet de débat.

Le bilan carbone de la sortie du nucléaire en Allemagne

Dans le livre qu’il vient de publier (1) François Hollande reconnaît à demi-mots que son projet de ramener la part du nucléaire à 50% de notre mix énergétique en 2025 était purement politicien. Il s’agissait d’un accord consistant à faciliter l’élection de députés Europe Ecologie Les Verts en contrepartie de l’élimination par ces derniers de la candidature de Nicolas Hulot  pour la présidentielle de 2012 au profit d’Eva Joly. En sachant d’avance qu’elle ne ferait qu’un petit score, cela facilitait la présence de Hollande au second tour pour finalement triompher face à Nicolas Sarkozy. Ce coup politicien a abaissé le débat sur les enjeux  énergétiques au point que, pour 2017, Jean-Luc  Mélenchon et Benoît Hamon se sont respectivement prononcés pour la sortie définitive du nucléaire civil en 2050 et en 2045.
Tant dans l’atelier consacré à l’énergie que dans celui qui discuté du réchauffement climatique, cette démagogie électoraliste visant à capter les suffrages des anti-nucléaires a été critiquée samedi par des intervenant communistes. Une telle sortie  en trente ans aboutirait à accroître nos émissions de CO2 dans des proportions considérables et à augmenter sensiblement  le prix de l’électricité pour les ménages comme pour toute l’économie dans un pays où la pauvreté de masse ne cesse de faire progresser la précarité énergétique. C’est le cas en Allemagne qui va sortir du nucléaire en 2022. Le prix de l’électricité a doublé pour les ménages en une quinzaine d’années tandis que les émissions de CO2 ne cessent de progresser du fait de la relance des énergies fossiles que sont le charbon et le lignite.
(1) Les leçons du pouvoir, de François Hollande, éditions Stock                                                           


Journaliste et auteur

1968-2018

1968-2018 : même(s) combat(s) ?


Une table ronde avec Pierre Laurent (PCF), Maryse Dumas (CGT), Charles Fiterman (ancien ministre communiste) et Alain Krivine (NPA). A retrouver dans MAI 68, UN RÊVE QUI COURT, un hors série de l'Humanité, chez votre marchand de journaux ou sur notre boutique en ligne





dimanche 6 mai 2018

« “Après moi, le déluge !”

Anniversaire. 
Karl Marx, 
une pensée vivante en commun
Né à Trêves le 5 mai 1818, l’auteur, avec Engels, du Manifeste communiste, publié à la veille de la révolution de février 1848, est l’objet d’un bouillonnement intellectuel, à l’occasion du 200e anniversaire de sa naissance.
Deux cents ans après la naissance de Karl Marx, le 5 mai 1818, les dizaines d’initiatives prises à cette occasion partout dans le monde témoignent en faveur de la vitalité de la pensée du théoricien et du militant communiste. Depuis Pékin, où est organisé, en cette fin de semaine, le deuxième Congrès mondial du marxisme, jusqu’à Berlin, dans le cadre du colloque Marx 200 de la Fondation Rosa-Luxemburg, en passant par Paris avec la série de débats programmée par le comité Marx 2018, à la fin du mois de mai, sans oublier les rencontres de Londres, Manchester, Dublin, Cape Town en Afrique du Sud, Tokyo ou encore Buôn Ma Thuôt au Vietnam, c’est à l’épanouissement d’une vague, non pas de cent fleurs, mais de milliers d’autres encore, en une « internationale » intellectuelle inédite que donne lieu l’anniversaire du révolutionnaire allemand. Elle fait suite aux initiatives organisées à New York, Los Angeles, Toronto, Moscou, Mexico, Rio de Janeiro, Montevideo, Johannesburg, Maputo et La Havane – pour ne citer que les plus importantes –, dans le contexte du 150e anniversaire du Capital et du 100e anniversaire de la révolution d’octobre en 2017.
Une vague, donc, et un « coup de jeune » de Marx – voir le hors-série de l’Humanité – entendus depuis le huitième sous-sol des banques luxembourgeoises ou autres chasses gardées de l’oligarchie capitaliste mondiale, comme en témoigne, ironiquement à cet égard, le déplacement de Jean-Claude Juncker, ce jour même, à Trêves, pour la réouverture de la Maison de Karl Marx.« La théorie se change en force matérielle dès qu’elle pénètre les masses », écrivait le jeune Karl Marx. Or, si le printemps est évident, il reste que ce retour théorique ne saurait donner son plein résultat qu’à la condition d’une exposition pratique, à pleine ouverture. C’est un point que soulignent, entre autres, les personnalités intellectuelles invitées à s’exprimer dans ce numéro spécial de l’Humanité des débats, à côté des lignes de force qu’elles dégagent concernant les nouveaux chantiers ouverts par la mise au travail contemporaine de ces concepts fondamentaux.

« “Après moi, le déluge !” Telle est la devise de tout capitaliste et de toute nation capitaliste. »

C’est un paradoxe en effet que ce soit la bourgeoisie qui, le mieux aujourd’hui, a réalisé le projet d’une « internationale », pratique et théorique, au travers d’institutions telles que la Banque mondiale, l’OMC, l’Otan ou le FMI, ou encore le « communisme » compris comme communauté de classe, les classes exploitées, vaporisées par la division internationale ou l’organisation hiérarchique du travail, séparées en rivalités de positions ou en nationalités d’autant plus abstraites que leur fantasme est excité par les forces politiques les plus régressives restant encore, douloureusement, à la peine quant à se saisir de leurs propres unité et intérêt. La question se pose en France particulièrement, face à l’accentuation de l’entreprise de démolition des conquêtes sociales issues notamment du Front populaire et du Conseil national de la Résistance, ainsi que des biens publics, orchestrée actuellement.
Quoi de plus urgent, pourtant, qu’un renversement du mode d’organisation sociale fondé sur la mise en œuvre des principes de coopération et de solidarité, alors que le développement capitaliste manifeste au plus haut point sa tendance nihiliste et destructrice ? Quoi de plus décisif aujourd’hui que cette prise de conscience et cette décision d’agir face à la ruine et au déluge définitifs de l’humanité programmés par des classes dominantes incapables de soutenir le mouvement de son progrès, mieux, impliquant sa régression définitive dans la barbarie au nom de leur volonté de puissance, de domination et de jouissance ? « “Après moi, le déluge !” Telle est la devise de tout capitaliste et de toute nation capitaliste », écrit Karl Marx dans le Capital. Polémiste, souvent intransigeant et querelleur dans le champ théorique, Marx eut cependant toujours le souci de faire valoir le mot d’ordre conclusif du Manifeste communiste contre toute tentation sectaire dans le mouvement révolutionnaire. Agir en commun. Une idée qui n’a pas pris une ride.
L’actualité en colloque du 24 au 26 mai
Le colloque « Marx 2018, deux siècles d’actualité » se tiendra jeudi 24, vendredi 25 et samedi 26 mai. De nombreuses tables rondes se dérouleront à l’École normale supérieure, 45, rue d’Ulm à Paris, et à la Maison des sciences de l’homme Paris Nord, 20, avenue George-Sand, à Saint-Denis. Ce colloque est organisé par le comité Marx 2018 et ses partenaires ; le programme complet est à retrouver sur marx2018.hypotheses.org.

mercredi 2 mai 2018

1er mai. « En progression par rapport à l’an dernier »



Deux cent quarante défilés en France  
55 000 manifestants à Paris, 
250 à Thonon selon la CGT. 
Contre la politique du gouvernement, cheminots, fonctionnaires ou manifestants en famille croisés dans le cortège appellent à continuer la lutte ensemble.

« Ce qui nous rassemble, c’est le soutien à ceux qui sont en lutte » 
a souligné Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT. 

L’eau continue à monter… et ce ne sont pas les affrontements avec les CRS en tête de cortège parisien, la manifestation coupée très rapidement, puis détournée par la gare de Lyon, qui ont empêché le traditionnel défilé du 1er Mai de déferler. Éditocrates et gouvernement reprochaient aux syndicats de se mobiliser en ordre dispersé : « Ce qui nous rassemble, c’est le soutien à ceux qui sont en lutte », répliquait hier en début de cortège le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez. Certes, « il faut mettre de côté nos différences », reconnaissait-il, soulignant cependant que « dans 40 % des départements, il y a des rassemblements avec FO ou en présence de la CFDT (qui n’appelaient pas nationalement à la manifestation – NDLR) ». « Un tas de choses bourgeonnent, estimait lui aussi Éric Beynel, porte-parole de Solidaires, en tête du défilé. Chez les cheminots, dans les finances publiques, parmi les étudiants et les enseignants… »



250 à Thonon-les-Bains 
mieux que l'an dernier


Intervention de Philip Domergue pour la FSU

Voilà de nombreuses années que nous manifestons à Thonon contre les politiques libérales qui nous sont imposées par des technocrates si populaires qu’ils n’ont jamais pu regagner une élection une fois élus.
Aujourd’hui, le gouvernement de M. Jupiter pousse un coup d’accélérateur :
Depuis un an, chaque secteur d’activité est attaqué : attaque du code du travail, démantèlement des services publics, remise en cause du statut des fonctionnaires, sélection à l’entrée des universités, stigmatisation des personnes en recherche d’emplois, volonté d’informatiser les jugements, SNCF…
L’Education Nationale n’est pas épargnée. Elle sera rudement touchée par la suppression de 120 000 emplois de fonctionnaires, la disparition des secrétaires et des maitres supplémentaires dans les écoles. Mais pour notre ministre, qui, depuis qu’il est adulte, n’a jamais mis les pieds dans une école primaire, sauf pour passer devant les caméras, ce n’est pas cela le problème : Les maitres et maitresses d’écoles doivent comprendre qu’il faut faire des dictées quotidiennes et du calcul mental !
La véritable ligne politique est la ligne budgétaire. L’OCDE signale encore une fois les effectifs particulièrement élevés en classe en France. Mais ce n’est pas le problème pour M. le Ministre qui fait son one-man-show et nous envoie un document de 130 pages pour nous expliquer qu’il est indispensable de choisir le bon cahier (17X22 cm, en Seyes, et oui…).
M. le Ministre, nous n’avons pas besoin d’un guide pipeau, mais de baisser les effectifs des classes, de formation supplémentaire, d’enseignants spécialisés, de secrétaires, de personnels de santé, d’assistantes sociales…


Mais n’allez pas croire que nos seuls problèmes viennent du gouvernement. Localement aussi, nous devons faire face à une volonté de faire des économies sur le dos de l’école.
C’est ainsi que nous avons appris que la mairie de Thonon comptait fermer l’école de Source et transférer les élèves à l’école du Morillon :
            •            Fermer la source et transférer ses élèves au Morillon, alors que l’enjeu serait plutôt de favoriser la mixité sociale.
            •            Fermer la source et transférer ses élèves au Morillon, alors que nous savons que les petites structures favorisent le vivre ensemble, l’accueil des élèves, les contacts humains.
            •            Fermer la Source et transférer ses élèves au Morillon, quand l’école du Morillon passera de 15 à 18 classes, sans moyens supplémentaires, mais avec la perte de sa secrétaire.
            •            Fermer la source, alors qu’à tous les conseils d’écoles, jusqu’à présent, la mairie s’est voulue rassurante sur l’avenir de cette petite structure. Alors que les personnels et le conseil municipal ne savaient même que c’était en débat.
            •            Fermer la source alors qu’elle constitue le seul service public du quartier.
                        Fermer la source, avec, beaucoup de courage, allant même jusqu’à raconter que c’est l’Education Nationale qui l’exige car celle-ci refuserait de garder des écoles à moins de 50 élèves. M. le Maire, savez-vous que dans ce département, l’Education Nationale maintient coûte que coûte et à juste titre des écoles de 12 élèves, car elle est consciente que la réussite des élèves et le lien social passe par le maintien de ce service public sur tout le territoire. Allons, un peu de courage, on assume sa volonté politique de faire des économies sur le dos des élèves.


On le voit, les attaques contre les services publics sont multiples, et à tous les niveaux. Nos réponses doivent être à la hauteur des enjeux. Massives, unitaires, locales et nationales, elles doivent faire changer les lignes politiques à tous les niveaux : municipal, régional, national et européen.

La FSU donne rendez-vous à toutes et à tous pour soutenir et participer à l’ensemble les actions nationales et locales, comme celles de la Source qui se construisent en ce moment, et on se donne rendez-vous, le 22 mai, pour réussir la grève la plus unitaire que nous ayons construite depuis longtemps.





Et en chanson sur un air de "Bella Ciao"

Le p'tit Macron, les grands patrons,
Veulent tout brader, tout casser, ren-ta-bi-li-ser
L'service public, faut faire du fric,
Ils veulent tout pri-va-ti-ser.

Mais p'tit Macron, c'est not'pognon,
Pas question d'te laisser faire pour les ac-tio-nnaires
On va lutter, dans l'unité,
Tous ensemble on va gagner.

Les cheminots, les hôpitaux,
Les profs, les facs, la jeunesse, les terri-to-riaux,
Et le privé, les retraités,
Tous ensemble on va gagner.