lundi 17 août 2026

Allocution du C.R.D 74 (*) Bernard NÉPLAZ pour le 16 août 26 à Thonon. - Mobilité, un enjeu transfrontalier pressant #sénatoriales #HauteSavoie #mobilité



Allocution du C.R.D 74 (*) Bernard NÉPLAZ
pour le 16 août 26 à Thonon


La Panthéonisation de Missak et Mélinée Maouchian a marqué la

volonté de notre pays de mettre à l'honneur ces femmes et ses hommes

immigrés en France, qui avaient payé de leur vie leur engagement

dans les rangs de la Résistance française.




Qui étaient-ils ? Souvent des familles pauvres fuyant la misère avant

la guerre de 14-18,, Mais plus encore au lendemain du premier

massacre mondial, des familles républicaines fuyant la dictature

fasciste de Mussolini en Italie à partir de 1922, celle d'Hitler en

Allemagne, à partir de 1933, celle de Franco en Espagne à partir de

1939 , et encore d'autres pays d'Europe envahis par Hitler.

Tout naturellement des familles italiennes vinrent se réfugier dans leur

ancienne province quittée quelques 60 ans plus tôt où ils avaient

parfois conservé quelques relations. Et notamment dans le Chablais.

Naturalisés ou non, ils conservaient entre eux de solides relations, et

c'est, tout naturellement qu'ils furent souvent parmi les premiers à

s'opposer au régime de Vichy, craignant à chaque instant voir revenir

la Savoie dans le giron de Mussolini, ce qui sera le cas à partir de

novembre 1942. A l'image des frères Bonopéra d'Evian. Dont Enzo

décédé récemment.



Mais c'est au travers d'une autre figure de cette Résistance italienne

que nous avons souhaité évoquer le rôle joué par ces immigrés pour la

Libération de notre pays. Un nom très populaire de son vivant, mais

bien oublié depuis :Pierre Barone.

Il avait obtenu la nationalité française en effectuant son service

militaire dans les chasseurs alpins et s'était ensuite installé comme

menuisier à Rives. En dehors de son métier il cultivait deux amours :

la montagne et la liberté, sans se douter que ces deux passions allaient

se conjuguer pour lui au cours de la seconde guerre mondiale.


Mobilisé en 1939 au sein du 12 ème B.C.A, il supporte mal l'inaction

de la drôle de guerre et n'hésite pas à se déclarer volontaire pour

l'expédition de Narvik. Au retour il est confronté à la défaite et

àl'instauration du régime de Vichy : sans hésiter il apporte

publiquement son soutien au général de Gaulle.ce qui lui vaut une

première condamnation à 6 mois de prison en avril 1941.

Arrêté à nouveau en mars 43, il est interné à la forteresse de l'ile de Ré

d'où il s'évade le 2 décembre 43 et rejoint le maquis de l'Armée

Secrète dans la vallée d'Abondance.




En même temps il sait qu'un certain nombre de ses compatriotes de la

région de Thonon ont rejoint les F.T.P., par proximité idéologique. A

son tour, en mars 44, séduit par la tactique F.T.P faite de nombreuses

embuscades et d'exécutions de collabos, il rejoint la 93-21 à

Abondance dont il devient le chef-adjoint sous les ordres du

Commandant Michel.

Dès lors il va être de tous les combats jusqu'à la Libération : Sauf qu'il

ne sera pas là, le 15 août, à la tête de sa nouvelle compagnie, la 93-09

pour libérer Thonon : le 24 juillet, Pierre a été gravement blessé au

combat de St Gingolph. Et c'est de l'hôpital de Monthey où il a pu

être transporté avec d'autres maquisards blessés qu'il est informé de la

reddition des garnisons allemandes d'Evian et de Thonon. Sans

attendre sa guérison complète, le 18 août il est à Thonon.

Convalescent, pour lui le combat armé est terminé, mais une autre

phase de sa vie va commencer. Celle de l'écrivain, devrions nous dire

du poète. Ses allocutions lors des obsèques de ses camarades tombés

au combat sont d'une richesse inoubliable pour toutes celles et tous

ceux qui l'ont entendu. Il chante la Résistance comme il chante la

montagne et ses souvenirs d'alpiniste renommé. On sait qu'il prépare

deux livres consacrés à chacun de ses deux amours. Mais sa santé

fortement ébranlée ne lui permettra pas de les publier de son vivant. Il

disparaît, victime du cancer en 1968.



En 2014, sa famille a retrouvé ses manuscrits et les a transmis au

Comité chablaisien de l'A.N.A.C.R. qui a pu éditer celui consacré à la

Résistance sous le titre choisi par Pierre




LA SOURCE SANS RIVIERE

Il nous a paru justifié de mettre Pierre à l'honneur en ce 82ème

anniversaire de la Libération, tant pour son parcours exceptionnel que

pour son travail de mémoire. De nombreux textes pourraient être

cités :

Ainsi celui où il évoque le drame d'Habère Lullin

À l'heure où les chrétiens

de toutes les nations s'agenouillaient pieusement en une trêve

mystique Au moment où le profane lui même cherchait dans le ciel

l'étoile du berger et se laissait émouvoir par une très vieille et très belle

légende, les bourreaux à la croix gammée, les démons à la croix

hideuse, à la croix convulsée enfantée par un cerveau hors nature, les

nazis d'Hitler conduit par un traître français offraient comme présent à

la crèche de Bethléem 25 jeunes martyrs

Et dans la belle nuit d'hiver, et dans la douce nuit de Noël sertie de

cimes toutes blanches les reflets rouges d'un brasier renvoyèrent vers

l'écrin précieux du ciel constellé le signe sanglant que les reitres

boches portaient gravés à la boucle de leur ceinturon et la devise qu'ils

étaient donnée :

Gott Mitt Huntz :Dieu avec nous

Ce projet d'hommage à Pierre Barone et aux Résistants immigrés était

terminé quand nous avons appris l'effarante nouvelle : à Féternes,

haut-lieu de la Résistance, la stèle dédiée au Résistant belge, Victor

Martin a été arrachée, volée, ses supports détériorés. Ainsi les mots

d'ordre de haine contre les valeurs de la Résistance, contre les valeurs

de la République, portent leurs fruits.

Cet acte ne peut rester impuni : les auteu:rs doivent être retrouvés et

chatiés.

A Pierre Barone qui se demandait « La source serait-elle sans rivière, »

la Résistance sans lendemains ? Nous répondons NON Il faut faire

face, dans un vaste rassemblement de toutes forces démocrates contre

la renaissance des idées fascistes et nazies, en mémoire de toutes

celles et ceux qui sont tombés pour un avenir de paix et de

FRATERNITE. C'est l appel de la ,Résistance unie comme l'étaient il

y a 50 ans, l'A.S. et les F.T.P. pour libérer la ville.

(*) Allocution de Bernard Néplaz, co-président départemental du

comité haut-savoyard des associations de mémoire de la Résistance et

de la Déportation (C.R.D. 74)Allocution du C.R.D 74 (*) pour le 16 août 26 à Thonon



Mobilité, un enjeu transfrontalier pressant


Les liaisons lacustres entre les rives française et suisse du Léman sont aujourd’hui au cœur d’un enjeu financier. La Compagnie Générale de Navigation (CGN) est l’opérateur historique Suisse, le canton de Vaud est le financeur Suisse, mais seules les intercommunalités françaises, comme Thonon Agglomération et la Communauté de Communes Pays d’Évian – Vallée d’Abondance, supportent 50 % du déficit d’exploitation de ces lignes, une charge devenue insoutenable. Pourtant, ces liaisons sont indispensables pour de nombreux travailleurs frontaliers, pour l’économie touristique, mais surtout répondent au besoin crucial de trouver des alternatives à la mobilité routière individuelle. C’est un des maillons du désenclavement multimodal du chablais français.
Depuis le début de ce nouveau mandat, les relations entre les élus locaux français, les instances du canton de Vaud et les dirigeants de l’opérateur historique la CGN se sont renouées. Un appel à nos parlementaires a été lancé pour qu’ils se saisissent de ce dialogue retrouvée pour convaincre l’état et la région d’accompagner les élus locaux.
Avec notre équipe Haute Savoie solidaire Union sociale, écologique et démocrate pour nos territoires, nous soutenons cet appel et nous appelons de nos vœux qu’une solution émerge rapidement, combinant clarification juridique, gouvernance partagée et financement équitable pour alléger les participations des collectivités locales françaises par l’implication financière de l’Etat français et de la région Rhône-Alpes-Auvergne.