Allocution du C.R.D 74 (*) Bernard NÉPLAZ
pour le 16 août 26 à Thonon
La Panthéonisation de Missak et Mélinée Maouchian a marqué la
volonté de notre pays de mettre à l'honneur ces femmes et ses hommes
immigrés en France, qui avaient payé de leur vie leur engagement
dans les rangs de la Résistance française.
Qui étaient-ils ? Souvent des familles pauvres fuyant la misère avant
la guerre de 14-18,, Mais plus encore au lendemain du premier
massacre mondial, des familles républicaines fuyant la dictature
fasciste de Mussolini en Italie à partir de 1922, celle d'Hitler en
Allemagne, à partir de 1933, celle de Franco en Espagne à partir de
1939 , et encore d'autres pays d'Europe envahis par Hitler.
Tout naturellement des familles italiennes vinrent se réfugier dans leur
ancienne province quittée quelques 60 ans plus tôt où ils avaient
parfois conservé quelques relations. Et notamment dans le Chablais.
Naturalisés ou non, ils conservaient entre eux de solides relations, et
c'est, tout naturellement qu'ils furent souvent parmi les premiers à
s'opposer au régime de Vichy, craignant à chaque instant voir revenir
la Savoie dans le giron de Mussolini, ce qui sera le cas à partir de
novembre 1942. A l'image des frères Bonopéra d'Evian. Dont Enzo
décédé récemment.
Mais c'est au travers d'une autre figure de cette Résistance italienne
que nous avons souhaité évoquer le rôle joué par ces immigrés pour la
Libération de notre pays. Un nom très populaire de son vivant, mais
bien oublié depuis :Pierre Barone.
Il avait obtenu la nationalité française en effectuant son service
militaire dans les chasseurs alpins et s'était ensuite installé comme
menuisier à Rives. En dehors de son métier il cultivait deux amours :
la montagne et la liberté, sans se douter que ces deux passions allaient
se conjuguer pour lui au cours de la seconde guerre mondiale.
Mobilisé en 1939 au sein du 12 ème B.C.A, il supporte mal l'inaction
de la drôle de guerre et n'hésite pas à se déclarer volontaire pour
l'expédition de Narvik. Au retour il est confronté à la défaite et
àl'instauration du régime de Vichy : sans hésiter il apporte
publiquement son soutien au général de Gaulle.ce qui lui vaut une
première condamnation à 6 mois de prison en avril 1941.
Arrêté à nouveau en mars 43, il est interné à la forteresse de l'ile de Ré
d'où il s'évade le 2 décembre 43 et rejoint le maquis de l'Armée
Secrète dans la vallée d'Abondance.
En même temps il sait qu'un certain nombre de ses compatriotes de la
région de Thonon ont rejoint les F.T.P., par proximité idéologique. A
son tour, en mars 44, séduit par la tactique F.T.P faite de nombreuses
embuscades et d'exécutions de collabos, il rejoint la 93-21 à
Abondance dont il devient le chef-adjoint sous les ordres du
Commandant Michel.
Dès lors il va être de tous les combats jusqu'à la Libération : Sauf qu'il
ne sera pas là, le 15 août, à la tête de sa nouvelle compagnie, la 93-09
pour libérer Thonon : le 24 juillet, Pierre a été gravement blessé au
combat de St Gingolph. Et c'est de l'hôpital de Monthey où il a pu
être transporté avec d'autres maquisards blessés qu'il est informé de la
reddition des garnisons allemandes d'Evian et de Thonon. Sans
attendre sa guérison complète, le 18 août il est à Thonon.
Convalescent, pour lui le combat armé est terminé, mais une autre
phase de sa vie va commencer. Celle de l'écrivain, devrions nous dire
du poète. Ses allocutions lors des obsèques de ses camarades tombés
au combat sont d'une richesse inoubliable pour toutes celles et tous
ceux qui l'ont entendu. Il chante la Résistance comme il chante la
montagne et ses souvenirs d'alpiniste renommé. On sait qu'il prépare
deux livres consacrés à chacun de ses deux amours. Mais sa santé
fortement ébranlée ne lui permettra pas de les publier de son vivant. Il
disparaît, victime du cancer en 1968.
En 2014, sa famille a retrouvé ses manuscrits et les a transmis au
Comité chablaisien de l'A.N.A.C.R. qui a pu éditer celui consacré à la
Résistance sous le titre choisi par Pierre
LA SOURCE SANS RIVIERE
Il nous a paru justifié de mettre Pierre à l'honneur en ce 82ème
anniversaire de la Libération, tant pour son parcours exceptionnel que
pour son travail de mémoire. De nombreux textes pourraient être
cités :
Ainsi celui où il évoque le drame d'Habère Lullin
À l'heure où les chrétiens
de toutes les nations s'agenouillaient pieusement en une trêve
mystique Au moment où le profane lui même cherchait dans le ciel
l'étoile du berger et se laissait émouvoir par une très vieille et très belle
légende, les bourreaux à la croix gammée, les démons à la croix
hideuse, à la croix convulsée enfantée par un cerveau hors nature, les
nazis d'Hitler conduit par un traître français offraient comme présent à
la crèche de Bethléem 25 jeunes martyrs
Et dans la belle nuit d'hiver, et dans la douce nuit de Noël sertie de
cimes toutes blanches les reflets rouges d'un brasier renvoyèrent vers
l'écrin précieux du ciel constellé le signe sanglant que les reitres
boches portaient gravés à la boucle de leur ceinturon et la devise qu'ils
étaient donnée :
Gott Mitt Huntz :Dieu avec nous
Ce projet d'hommage à Pierre Barone et aux Résistants immigrés était
terminé quand nous avons appris l'effarante nouvelle : à Féternes,
haut-lieu de la Résistance, la stèle dédiée au Résistant belge, Victor
Martin a été arrachée, volée, ses supports détériorés. Ainsi les mots
d'ordre de haine contre les valeurs de la Résistance, contre les valeurs
de la République, portent leurs fruits.
Cet acte ne peut rester impuni : les auteu:rs doivent être retrouvés et
chatiés.
A Pierre Barone qui se demandait « La source serait-elle sans rivière, »
la Résistance sans lendemains ? Nous répondons NON Il faut faire
face, dans un vaste rassemblement de toutes forces démocrates contre
la renaissance des idées fascistes et nazies, en mémoire de toutes
celles et ceux qui sont tombés pour un avenir de paix et de
FRATERNITE. C'est l appel de la ,Résistance unie comme l'étaient il
y a 50 ans, l'A.S. et les F.T.P. pour libérer la ville.
(*) Allocution de Bernard Néplaz, co-président départemental du
comité haut-savoyard des associations de mémoire de la Résistance et
de la Déportation (C.R.D. 74)Allocution du C.R.D 74 (*) pour le 16 août 26 à Thonon
Mobilité, un enjeu transfrontalier pressant
Depuis le début de ce nouveau mandat, les relations entre les élus locaux français, les instances du canton de Vaud et les dirigeants de l’opérateur historique la CGN se sont renouées. Un appel à nos parlementaires a été lancé pour qu’ils se saisissent de ce dialogue retrouvée pour convaincre l’état et la région d’accompagner les élus locaux.
Avec notre équipe Haute Savoie solidaire Union sociale, écologique et démocrate pour nos territoires, nous soutenons cet appel et nous appelons de nos vœux qu’une solution émerge rapidement, combinant clarification juridique, gouvernance partagée et financement équitable pour alléger les participations des collectivités locales françaises par l’implication financière de l’Etat français et de la région Rhône-Alpes-Auvergne.




