lundi 19 octobre 2026

À PROPOS DES VIOLENCES DU 17 OCTOBRE 2026 - Place de la République Un 18 octobre sous les provocations policières - Châteaubriant : « Soyons dignes des 27 fusillés ! »

À PROPOS DES VIOLENCES DU 17 OCTOBRE 2026


Communiqué, de Michel Vuillaume élu PCF et au nom des communistes du Chablais


"Dans la rue, toutes générations confondues,
les mobilisations populaires du 17 octobre illustrent l’ampleur de la colère sociale qui a pris racine dans tout le pays face à l’augmentation continue du coût de la vie, la stagnation des salaires, le démantèlement de l’ensemble des services publics et un gouvernement qui, aveugle et sourd aux difficultés des Français, défend un budget austéritaire pour 2027 pire que t ous ceux présentés depuis le début de l’ère Macron.
Ces manifestations portent une tonalité nouvelle. Transgénérationnelles, elles rassemblent travailleurs du public comme du privé, étudiants, lycéens et retraités dans une même volonté de mettre un coup d’arrêt aux politiques macronistes qui ont fait tant de mal à notre pays.
Les revendications des manifestants portent l’aspiration commune à vivre mieux, à construire un avenir collectif et à stopper le grand sabotage organisé des capacités intellectuelles, productives et agricoles de notre pays.

Les violences qui ont eu lieu depuis et qui ont abouti au saccage d’équipements publics, à l'incendie de la mairie de Limoges et à des pillages dans plusieurs villes de France sont inqualifiables.

Nous les dénon çons. Aucune colère ne peut justifier une telle violence. Surtout, elles sont une aubaine pour le pouvoir macroniste qui les utilise pour décrédibiliser le mouvement et invisibiliser les revendications des 800 000 manifestants qui, très majoritairement, ont défilé pacifiquement à travers toute la France. Les auteurs de ces violences doivent être poursuivis et condamnés. Ils sont depuis ces journées de mobilisation, les meilleurs alliés de la réaction et de l'extrême-droite.

Il faudra malgré tout prendre le temps de la réflexion pour analyser cette profonde dégradation des rapports qui conduisent ces jeunes à ne plus se reconnaître dans les valeurs de la République.

La répression historique et inacceptable qui s’est abattue sur les lycéens et la gestion du maintien de l’ordre telle qu’on a pu la vivre, témoignent de la volonté du président de la République et du gouvernement de Sébastien Lecornu d’empêcher à tout prix l’expression légitime de la colère sociale et d’éviter toute convergence des nombreuses luttes en cours dans le pays. 

Pour calmer la colère sociale le gouvernement doit répondre immédiatement aux revendications des lycéens et étudiants, des enseignants, et convoquer d'urgence une grande conférence sociale sur les salaires, les pensions, l'emploi, les services publics et prendre des mesures immédiates pour faire baisser le prix des carburants et défendre le pouvoir d'achat.


Le communiqué de Fabien Roussel :


"La France est encore au bord du précipice, plongée dans l’effroi, la stupeu r face aux violences de ces derniers jours, mais aussi face à un mur de colère qui s’agrège depuis des semaines face à la vie chère et sans réponse du gouvernement.

Des bâtiments publics comme privés ont été dévastés. J’apporte tout mon soutien aux agents publics mobilisés et aux maires qui se retrouvent face à des équipements publics partis en fumée comme aux commerçants qui se sont fait pillés, aux propriétaires qui ont vu leur bâtiment brûlé. Toute cette violence est inacceptable et leurs auteurs doivent être condamnés.

La ville de St Amand soutient et participera à l’appel de l’Association des Maires de France au rassemblement devant les mairies, à midi aujourd’hui.

Ces actes de vandalisme contribuent en même temps à déto urner les immenses attentes des 800 000 manifestants qui, eux, ont défilé pacifiquement avec des revendications légitimes. 

J’appelle le gouvernement à prendre la mesure de la gravité de la situation, à protéger les manifestants comme les biens des personnes, à apporter des réponses pour lutter contre la vie chère, contre la hausse des prix du carburant, de l’énergie qui pénalise les ménages comme les collectivités et les entreprises et à entendre la jeunesse de France qui aspire à étudier dans des conditions dignes".


Place de la République

Un 18 octobre sous les provocations policières



Le temps des vacances scolaires, c’est le temps de rejoindre sa famille à Paris. Et que faire le dimanche 18 octobre, si ce n’est se rendre place de la République en famille pour voir si une manifestation “sauvage” se lance au lendemain du 17 octobre ?




Nous voilà donc arrivés à quatre sur la fameuse place. Les débris de la veille crissent sous nos pieds : cailloux, mais aussi débris de plastique, de métaux et de verre, et, évidemment, nombreuses capsules de gaz lacrymogène et restes de grenades. Les abris de bus n’ont plus de vitres, transformées en tas de morceaux de verre à leurs pieds. La statue, elle, porte un gilet jaune à la mémoire des algériens noyés par la police le 17 octobre 1961. Son socle est abondamment tagué de toute part : “ Fuck le 17 RN Macron”, “Pour le peuple”, “ACAB”, “Le peuple vaincra”....


A sa gauche, un rassemblement autorisé regroupant une cinquantaine de personnes sous deux gigantesques drapeaux (un algérien et un palestinien) pour réclamer, comme chaque semaine, le retour de la démocratie en Algérie. A sa droite, un autre rassemblement, en musique, lié à la situation électorale du Brésil avec l’arrivée en tête de Bolsonaro. 

Parmi eux et autour d’eux, des jeunes, le plus souvent de sombre vêtus, rescapés des luttes de la veille et venus voir si une manifestation spontanée ne se déclencherait pas, quelques anciens solidaires, et des passants, des touristes et leurs valises…

L’ambiance est amicale et festive, antifasciste, respirant un air de solidarité.

Arrivent les provocations policières

C’est alors qu’un groupe de CRS quitte la rue où il stationnait pour traverser la place à pieds, au vu et au su de tous. Aussitôt, un attroupement se forme pour les suivre, tandis qu’ils font des allers-retours sur toute la place, pour on ne sait trop quelle raison. Le rassemblement de plusieurs centaines de personnes est alors formé, rassemblement qui avance ou recule selon les changements de direction du groupe de CRS. Par moment, quelques CRS arrêtent une personne sans qu’on en comprenne la raison. Des cris et slogans commencent alors à fuser : “ACAB” et “Tout le monde déteste la police” sont les plus courants.

Les policiers entament alors une nasse, semble-t-il au hasard. Un premier groupe d’une quinzaine d’individus est encerclé. S’il doit y avoir des manifestants parmi eux, on y voit aussi des passants et même une personne en vélib, ce vélo électrique de Paris, qui voulait traverser la place. Une forte indignation naît, de ce fait, parmi les manifestants et les premiers nassés sont évacués de la place (nous apprendrons après que tout ou partie d’entre-eux seront libérés, leurs masques et leur sérum physiologique confisqués).


Un premier tir de gaz lacrymogène se fait entendre à quelques dizaines de mètres, alors même qu’aucune violence physique n’était à déplorer. Et le jeu du chat et de la souris continue : on suit la troupe de CRS, elle arrête une personne qui semble être prise au hasard, on recule, “ACAB”… Et cela se répète 3 ou 4 fois. Viennent aussi des tirs occasionnels de policiers, tirs qui semblent totalement injustifiés : capsules de lacrymo et une ou deux grenades assourdissantes (175 décibels à l’impact, 160 décibels à 10 mètres, une horreur).

Les plus attentifs remarquent que, maintenant, la plupart des rues menant à la place de la République sont bloquées par des CRS et gendarmes. On se débarrasse alors des derniers tracts appelant à la manif de la veille et on cache le liquide physiologique, dont la possession est maintenant interdite sur Paris, dans la rue tout du moins. Le but : ne pas se faire chopper avec ce matériel militant.


Vient ensuite le tour d’un enfant d’environ 12 ans de subir une fouille au corps. La colère monte chez les manifestants : “laissez le”, “ACAB”, “Libérez notre camarade”... Les policiers finissent par relâcher l’enfant, mais la tension, elle, est bien montée d’un cran face à cet abus manifeste. 

D’autres tirs de lacrymo fusent, la foule reprend son mouvement de reculs et d’avancées, jusqu’à ce que des premiers cailloux soient lancés sur les CRS. La véritable répression peut alors commencer, toujours sans sommation audible : tirs de grenades assourdissantes en série et capsules de lacrymo à tout-va, sur tout attroupement dans la place. Les gens courent, sortent par la seule rue adjacente laissée libre, se protégeant la bouche et le nez avec des masques, des revers de manteaux, keffieh et autres foulards. La solidarité, elle, se manifeste aussitôt : jeunes manifestants aidant les vieillards et passants, dons de sérum physiologique pour se rincer les yeux…


Durant cette fuite, notre groupe s’est séparé. Un nouveau mouvement de foule nous amène dans une rue parallèle à la place. Longeant le trottoir, une suite ininterrompue de carcasses de voitures calcinées de la veille. Au carrefour, des jeunes improvisent une barricade de fortune, en empilant en quelques secondes des vélib au milieu de la chaussée. Si les barricades d’autrefois avaient pour but de stopper les charges de cavalerie, celles-ci servent à stopper celles des CRS. Et tout ce qui est à porter y passe rapidement : vélos, poubelles, palettes… Le feu y prend. Cela a pris moins d’une minute.


Pour nous, les anciens, le temps est venu de trouver refuge dans un bar. En passant, je croise le regard désemparé d’un jeune, mains attachées dans le dos, près d’un fourgon.  Ses frères et sœurs de lutte continuent le combat sur la place. 


Au final, soyons clairs : aucune violence, aucun trouble à l’ordre public n’était à déplorer sur la place de la République, à moins de considérer que des attroupement amicaux et spontanés antifascistes sont des “troubles”. Ce sont les démonstrations de policiers qui ont créé le rassemblement et leurs provocations qui ont déclenché les premières violences physiques. 

Reste de cette journée la conviction que c’est toute la “stratégie” policière qui doit être revue, pour amener véritablement à une désescalade des conflits. Mais cette dernière est-elle véritablement le but ? 

Epilogue

Le soir, nous nous retrouvons à Châtelet où des pillages sont en cours, dans un jeu du chat et de la souris avec les forces de l’ordre. Si aucune violence n’est à déplorer sur les passants que nous sommes, les magasins, eux, prennent chers. Une certaine amertume nous gagne, en voyant comment tout cela décrédibilise les mobilisations.


Les halles et la station de métro sont fermées par les CRS. A la recherche d’une bouche de métro, nous nous arrêtons près d’un attroupement de solidarité d’une dizaine de personnes, passants et jeunes confondus, autour d’un blessé sonné au sol, cuir chevelu ouvert. Qui est-il ? Pilleur ou passant ? Son accident est-il lié aux évènements ? Nous ne le savons…

Alors que nous repartons en laissant le blessé au bon soin de la population, l’ambulance arrive pour le prendre en charge. Lorsqu’elle ralentit pour s’arrêter, des policiers lancent volontairement de la lacrymo sur l’attroupement, qui se disperse en courant. 

Nous revenons sur nos pas pour voir si le blessé a besoin d’aide. Des passants sont formels : le tir de lacrymo autour du blessé était intentionnel, un des trois gendarmes en armure présents qui avaient rejoint l’attroupement, aurait même laissé échapper un : “ah, les fils de pute” en parlant des policiers tireurs, avant de faire état de leur désapprobation à qui les interrogeait, mais en des termes plus conventionnels… 


Philip Domergue 







🇫🇷
Cette année, Sophie Binet pour les Syndicats CGT et Fabien Roussel pour le PCF - Parti Communiste Français étaient bien présents à la cérémonie en hommage aux fusillés d'octobre 1941, à la Sablière de Châteaubriant. Porter les valeurs des martyrs, 85 ans plus tard, c'est aussi montrer que la lutte pour une meilleure justice sociale continue, plus que jamais. Photos (c) Marielle Arteaud


À Châteaubriant, au nom du Parti communiste français, Fabien Roussel a rendu hommage aux 27 héros résistants fusillés par les nazis, il y a 85 ans.

Faire vivre l’héritage de la Résistance, c’est refuser la haine, entendre la colère du peuple et construire une France de paix, de justice sociale et de Jours heureux !