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vendredi 27 juin 2025

SANTÉ : LETTRE OUVERTE À CHRISTOPHE ARMINJON MAIRE DE THONON-LES-BAINS PRÉSIDENT DE THONON-AGLOMÉRATION

 Reprise des bâtiments libérés
par la Médecine du Travail rue des Tilleuls afin d'y installer un centre de santé public
.

Intervenant dans la lutte contre les déserts médicaux grandissants,
les communistes de la section du PCF Chablais sur le secteur de Thonon
ont émis cette lettre ouverte à destination de Christophe Arminjon,
Maire de Thonon et Président de l'agglomération de Thonon.

Parking devant le bâtiment principal de la Médecine du travail 

vendredi 30 mai 2025

FAIRE VIVRE L'ESPRIT DU 29 MAI 2005 - LE MASSACRE DE MAÏDAN 2014 - FÊTE DE L'HUMANITÉ 2025 - PRESSE COMMUNISTE

 


Il y a 20 ans, le peuple français refusait, à plus de 54%, le Traité constitutionnel européen, c’est-à-dire une conception libérale et austéritaire de l’Union Européenne. Il déjouait ainsi tous les pronostics, ceux de la plupart des médias, ceux des classes dominantes, qui tenaient le « oui » pour acquis. Mais les citoyens français se sont emparés de la question posée et ont imposé un débat démocratique d’une rare qualité. Il revient aux tenants du « non » de gauche d’avoir été, dans l’unité, les aiguillons de cette mobilisation citoyenne, pour avoir décortiqué le texte, et organisé des milliers de débats à travers le pays. Souvent, le hors série de l’Humanité, analysant le texte article par article, servait de véritable manuel pour mener ces débats. Ce fut la naissance d’un espoir non seulement pour la France, mais pour toute l’Europe. Quelques jours après le « non » français, les Néerlandais s’exprimaient dans le même sens.

On connait la suite. Les classes dirigeantes ont immédiatement réagi, preuve que cette question de la nature de la construction européenne est une question de classe. Sous l’impulsion d’Angela Merkel et de Nicolas Sarkozy, un véritable hold-up démocratique fut organisé, en imposant le traité de Lisbonne, dernier traité européen en date, qui reprend l’essentiel des dispositions du texte rejeté en 2005. En conséquence de ce déni démocratique, l’Union européenne est allée de crise en crise : crise de l’euro, imposition aux peuples d’une austérité renforcée, écrasement du peuple et de la gauche grecques, crise du Brexit… L’écrasement de la gauche par les classes dirigeantes européennes, et des exigences portées par le non de gauche, est un des facteurs de la crise démocratique en Europe. Cela a fait le lit de l’extrême-droite, aujourd’hui au pouvoir dans sept pays membres de l’UE. A l’image de Giorgia Meloni, l’extrême-droite est loin de remettre en cause les dogmes libéraux des traités. Elle les utilise pour faire appliquer par l’Union Européenne sa propre politique.   

Aujourd’hui, l’Union Européenne, et les traités qui l’encadrent, sont toujours aussi libéraux et de plus en plus militaristes. Les liens de dépendance à l’OTAN sont plus étroits. La désindustrialisation est plus forte. L’UE libérale est incapable structurellement de répondre à Trump et à sa politique, et à la crise économique, sociale et démocratique en Europe.

Tout cela montre les exigences portées par le « non » de gauche sont toujours d’actualité. La remise en cause des traités européens libéraux et des règles budgétaires austéritaires est nécessaire. Porter à l’échelle européenne l’exigence de mettre en chantier une Europe des peuples et des nations souverains et solidaires, permettrait de répondre aux exigences des peuples : en alignant par le haut les salaires, les retraites, la protection sociale pour lutter contre le dumping social, en luttant contre les paradis fiscaux pour mettre fin au dumping fiscal, en utilisant la création monétaire de la BCE pour les services publics, une nouvelle industrialisation et le climat. Se désengager de la tutelle américaine et de l’OTAN, pour mettre en chantier un espace de sécurité collective à l’échelle continentale permettrait de sortir des logiques de guerre.

Le « non » montre enfin que la recherche de convergences sociales et politiques, en France et en Europe, sur un contenu social et démocratique exigeant, capable de construire des majorités populaires, est possible.   

Avec ses alliés européens, les partis communistes, la gauche européenne, le PCF porte ces exigences d’actualité.

Paris, le 29 mai 2025 Parti communiste français.


LE MASSACRE DE MAÏDAN 2014


Fête de l’Humanité 2025


La Fête de l'Humanité transcende largement le cadre d'un simple festival musical. Elle incarne un véritable carrefour d'idées où militants, artistes, intellectuels et citoyens tissent ensemble le fil d'une réflexion collective. Des débats enflammés sur les enjeux contemporains aux expositions artistiques qui bousculent les consciences, l'événement déploie un éventail d'activités aussi riches que stimulantes.Cette dimension festive s'accompagne d'un puissant élan de solidarité. À travers le site, les stands associatifs fourmillent d'initiatives concrètes en faveur de la justice sociale, des droits des travailleurs, de la préservation environnementale et de la paix mondiale. Chaque rencontre devient une opportunité d'agir et de s'engager.Le programme de la Fête s'articule autour de conférences et tables rondes abordant la politique, le sport, les médias et bien d'autres thématiques sociétales. Ces échanges, orchestrés par diverses formations politiques et personnalités venues des quatre coins de France, nourrissent une réflexion citoyenne essentielle. Le volet culturel n'est pas en reste avec ses expositions inspirantes et l'incontournable Village du Livre, où une centaine d'auteurs se retrouvent chaque année pour partager leur passion des mots et rencontrer leurs lecteurs lors de séances de dédicaces très prisées.Retrouvez toutes les animations et les conférences sur le site officiel de l'événement : fete.humanite.fr

Achetez maintenant vos vignettes "bon de soutien" donnant droit à l'entrée 
des trois jours de fête
Auprès de : Michel Vuillaume 
avenue des trolliettes 74200 Thonon-les-Bains 06 23 42 30 19


Profitez de vos trois jours de repos pour lire la presse communiste et démocratique













vendredi 14 mars 2025

Sophie Binet : « Pour les travailleurs, rien de pire que l’économie de guerre »

À l’heure où les bouleversements géopolitiques se multiplient depuis l’investiture de Donald Trump, Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, dénonce le discours belliciste d’Emmanuel Macron et plaide pour une stratégie industrielle et sociale européenne, qui renouerait avec un multilatéralisme en direction du Sud global.

lundi 17 février 2025

DÉCLARATION DU SÉNATEUR AMÉRICAIN PROGRESSISTE BERNIE SANDERS

 "Je ne remercie pas souvent Elon Musk, mais il a fait un travail remarquable en montrant ce que nous soutenons depuis des années - et le fait que nous vivons dans une société oligarchique où les milliardaires dominent non seulement notre politique et les informations que nous consommons, mais aussi notre gouvernement et notre économie. ..


Cela n’a jamais été aussi clair qu’aujourd’hui.

vendredi 17 janvier 2025

LA MOBILISATION POUR GAGNER DES AVANCEES DOIT S'AMPLIFIER


Dès la nomination du Premier ministre, les communistes ont consacré toute leur énergie à arracher des victoires pour les Français. Nous avons participé avec le Parti socialiste et les Ecologistes aux discussions avec le gouvernement dans cet unique objectif.



samedi 1 juin 2024

THONON, LE MAIRE, LE CONSEIL MUNICIPAL ET LA DÉMOCRATIE PARTICIPATIVE ET CITOYENNE

Thonon ville impériale jusqu'au bout !


Le premier Empire et le Second Empire vont être fêtés avec faste cette année à Thonon.

Mais ne pourrait-on pas parler dans la foulée du troisième Empire Arminjon ?

Ce Lundi 27 mai le déroulement du Conseil Municipal pourrait en témoigner.

mercredi 13 mars 2019

NON À LA CENSURE

Censure de L’"Émission Politique" : 
rassemblement mardi 19 mars à 18h00 devant le siège de France 2

Principale chaîne du groupe public 
France Télévisions, France 2 organise le premier débat consacré aux élections européennes, 
jeudi 4 avril prochain, à l’occasion de  L’Émission politique  
En dépit de nos protestations, France 2 persiste à vouloir boycotter Ian BROSSAT, chef de file de notre liste 
« Pour l’Europe des gens, contre l’Europe de l’argent ».


Le PCF appelle 
à un très large rassemblement, 
mardi 19 mars à 18h00, 
devant le siège de France Télévisions 
situé esplanade Henri de France (Paris 15e), en présence de personnalités de la société civile, de militant-es, 
de parlementaires et d'élu-es.


  Nous demandons à ce qu’Ian BROSSAT puisse être invité au même titre 
  que les autres 
  têtes de liste. Ni plus, ni moins.

  Comme en 2005 déjà, à l’occasion du référendum européen, les Français attendent 
  aujourd’hui une plus juste et sincère représentation des opinions.

  La voix de la liste du PCF n’est réductible à celle d’aucune autre liste.

  Le Parti communiste français est présent dans les deux assemblées, 
  avec plus de trente parlementaires qui prennent part 
  au fonctionnement institutionnel de notre pays.

  Les Françaises et les Français se sont choisi plus de 7 000 élus locaux et nationaux 
  de notre famille politique pour les représenter, plus de 800 maires et trois parlementaires 
  européens pour faire entendre et respecter leur voix.

  Nous sommes le seul parti de gauche à avoir rejeté tous les traités européens libéraux 
  depuis le début de la construction européenne.

  Nous sommes la seule liste du paysage français à inclure dans ses rangs plus de 
  la moitié d’ouvrières et d’ouvriers, de femmes et d’hommes employés.

  Nous sommes la seule liste en mesure de faire entrer au Parlement européen, 
  le 26 mai prochain, la première femme ouvrière de l’histoire en la personne 
  de Marie-Hélène Bourlard.

  La dernière élection présidentielle a démontré qu’il était possible de proposer aux Français 
  des débats télévisés de qualité en y conviant l’ensemble des forces en présence. 
  C’est cela la vitalité de notre démocratie ; elle est une chance que chacune et chacun 
  devrait saluer.




mardi 12 février 2019

POUR L'HUMANITÉ (3)

 PARCE QU'ELLE EST UNIQUE


"l'Humanité, c'est la voix de ceux qui luttent, de ceux qui espèrent"


Fabien Roussel , secrétaire national du @PCF - Parti Communiste Français appelle au rassemblement le plus large, au-delà de la diversité d'opinion, pour que l'Humanité continue d'exister en toute indépendance.


Un impressionnant courant de solidarité se développe autour de l’Humanité. En quelques semaines, 870 000 euros de dons et de souscription ont été collectés. Ils s’ajoutent au 1,2 million rassemblé entre la mi-novembre et la fin décembre 2018. Les lectrices et les lecteurs y participent activement.

Fédérations CGT, unions locales, l’union syndicale Solidaires, des associations très diverses, des journaux comme la Croix ou Politis, des mutuelles, des sections ou fédérations du Parti communiste, des fondations ou instituts de recherche, des personnalités du monde culturel ou des responsables politiques, dont d’anciens ministres, participent à donner à l’Humanité une trésorerie suffisante pour les semaines à venir. 830 personnes se sont spontanément abonnées à l’un des titres du groupe l’Humanité.



En direct de la manifestation intersyndicale du 5 février dernier, le chanteur Thomas Pitiot a enregistré un appel solennel de soutien au journal l'Humanité, actuellement en grande difficulté financière.


Hélène Landemore, maître de conférences à l’université de Yale, aux Etats-Unis, souligne qu’un journal comme l’Humanité ne devrait pas subir de contraintes économiques et financières et il est important d’inclure tous les points de vue dans le débat d’idées.

dimanche 10 février 2019

MOBILISATION


Ajoutée le 6 févr. 2019
Maurice Ulrich, éditorialiste de l’Humanité, remarque que "le seul journal qui a relaté la journée d’action d'hier - à l'appel de la CGT, la FSU, et Solidaires - pour les salaires et la justice sociale comme il méritait c’est le nôtre". C'est le seul à avoir mis en valeur l’unité d’action du monde du travail, organisé en syndicats ou habillé de gilets jaunes.

Il signale aussi le message de solidarité avec l’Humanité d’un écrivain américain qui s’inquiète de l'étranglement subi par un journal qui porte la voix des travailleurs et de la possible disparition d’une presse libre. 
La vie du journal fondé par Jean Jaurès n’est pas l’affaire de la seule force qui lui est historiquement attachée. Face aux régressions en France et dans le monde, c’est un enjeu majeur de la vie démocratique dans l’Histoire d’aujourd’hui. Réalisation : Abrahim Saravaki

Sébastien Jumel (PCF), François Ruffin (LFI) et Richard Ramos (Modem), députés de trois groupes différents, expriment ensemble, depuis l’Assemblée nationale, leur attachement à l'existence et à l'indépendance de l'Humanité.

Le philosophe appelle à agir pour la survie du journal l'Humanité comme nécessaire contre-pouvoir face au rouleau compresseur que sont les GAFA. Témoignage.

Priscillia Ludosky, cofondatrice du mouvement des gilets jaunes, a souhaité apporter son soutien à l'Humanité alors que le titre traverse une situation financière difficile. Témoignage.

Philippe Sollers, écrivain, appelle "à ressusciter un journal d'opposition radicale".

Depuis New York, le journaliste et directeur de Harper’s Magazine, prestigieux mensuel américain fondé en 1850, a accordé un message de soutien au journal l’Humanité, actuellement en difficulté financière.


mercredi 6 février 2019

Le PCF appelle à s'engager 
pour que vive "L'Humanité"
POUR QUE VIVE ET SE DÉVELOPPE L’HUMANITÉ 


A plusieurs reprises, « L’Humanité », par la voix de son directeur Patrick Le Hyaric, a alerté sur la gravité des difficultés financières qu’affronte le groupe de presse.
Tous les journaux connaissent de sérieux problèmes financiers. La plupart d’entre eux peuvent combler leur déficit parce qu’ils sont adossés à de grands groupes industriels et financiers, au prix d’une concentration de la presse et des médias entre quelques mains

L’Humanité, composante historique du pluralisme de la presse française et des combats progressistes, ne peut compter que sur l’engagement de ses équipes, le militantisme, ses lectrices et lecteurs, ses amis, les diffuseurs de L’Humanité –Dimanche.
Elle est toujours discriminée en matière de communication publicitaire et, depuis la fin de l’année 2015, un million d’euros de crédits de l’Etat, au titre de quotidien à faibles ressources publicitaires, lui ont été ôtés, accroissant d’autant ses difficultés financières.
Trop peu de forces politiques, sociales ou associatives réclament des pouvoirs publics qu’ils garantissent les conditions d’un réel pluralisme de la presse, pourtant inscrit dans la Constitution française. Il y va des conditions de l’information et du débat d’idées dans notre pays.

Qu’il s’agisse des luttes sociales, de celles pour la préservation de la planète, des confrontations politiques et culturelles nécessaires en démocratie, de la solidarité internationale et de la paix, dans tous ces domaines, « L’Humanité » joue un rôle original et utile. Tout commande de le revaloriser. Quand les médias rencontrent une telle crise de confiance, l’engagement de L’Humanité aux côtés des milieux populaires, des « invisibles », des penseurs qui contestent le système constitue un atout pour le journalisme et un atout précieux pour la démocratie.

C’est pourquoi, le Conseil national du Parti communiste français appelle à un large engagement pour répondre à la campagne d’abonnements de découverte et de parrainage que lance L’Humanité. Des milliers de personnes autour de nous sont susceptibles d’être intéressées par la découverte et la lecture de L’Humanité-Dimanche et de L’Humanité.
Il invite les élus progressistes et républicains à faire une juste place à L’Humanité, parmi les bouquets de presse dans les Médiathèques et bibliothèques des centres de documentation des lycées et collèges, les lieux d’accueil au public des collectivités territoriales.

Parti communiste français,
Le 30 janvier 2019

Benjamin Stora : 
« l’Humanité, c’est le journal 
des batailles sociales 
depuis plus d’un siècle »

Ajoutée le 5 févr. 2019
Benjamin Stora, président du musée national de l’immigration, a souhaité apporter son soutien au journal de Jean Jaurès alors que celui-ci est dans une situation financière difficile.
Vous aussi, aidez l'Humanité : https://www.humanite.fr/mobilisation-...



mardi 11 décembre 2018

Après les mesures annoncées par le président de la République

Mesures d'Emmanuel Macron : 
"Ce sont les Français qui vont payer"
 la hausse du Smic, 
estime Fabien Roussel


Sur le plateau des "4 Vérités" de France 2, mardi 11 décembre, Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français (PCF) et député du Nord, revient sur les mesures annoncées par le président de la République la veille.

vendredi 28 septembre 2018

Le PCF et l'immigration



Mediapart a publié le 26 septembre un long article : « Immigration: six partis de gauche répondent à nos quinze questions clés » dont chacun-e peut prend connaissance sur son site.
Pour faciliter la lecture des réponses apportées par le Parti communiste français (sous la plume de Cécile Dumas et Lydia Samarbakhsh, membres du Comité exécutif national du PCF), nous avons choisi de le publier ici d'un seul tenant avec le mot introductif qui nous a été adressé lors de l'envoi des questions.

MEDIAPART – La gauche et l'immigration

Après les épisodes de l’Aquarius, et alors que l’extrême droite progresse partout en Europe, la question migratoire – qui recouvre à la fois la question de l’asile, et l’immigration structurelle – est aujourd’hui au cœur des débats nationaux et européens. Des partis de gauche, en France et en Europe, estiment que leur doctrine sur le sujet doit être repensée.
A quelques mois des élections européennes, où la question migratoire pourrait se retrouver au cœur des débats, Mediapart a souhaité interroger les organisations de gauche et écologistes françaises afin de mieux connaître leurs prises de position sur ce sujet.
Nous soumettons ce « questionnaire » à toutes les organisations politiques habituellement classées à gauche qui prévoient de présenter une liste aux élections européennes de 2019 : NPA, EELV, France insoumise, PS, PCF, et Génération.s.
Merci de répondre aussi précisément que possible.
Vos réponses à ce « questionnaire » seront utilisées dans un article de synthèse, et seront également publiées telles quelles sur le site de Mediapart.


1°) Diriez-vous que l’Europe fait face à une « crise » migratoire ? Sinon, comment qualifiez-vous les phénomènes migratoires actuels ? Considérez-vous qu’ils sont inédits par leur ampleur ? Par leur nature ?

Le terme « crise migratoire » a envahi la scène politique et médiatique européenne. La réalité n’est pas vraiment celle d’une crise migratoire mais bien de celle d’une crise de l’accueil des réfugiés en Europe.

Il y a un travail d’information de la réalité à mener, certains journalistes d’ailleurs se sont organisés pour le mener, et de notre côté, il est indispensable de rappeler en permanence que les migrations sont constitutives de l’humanité et une réalité qui existe depuis des siècles.
Aujourd’hui, le nombre de femmes et d’hommes concernés n’a jamais été aussi important du fait du développement des insécurités sur tous les plans, et c’est un enjeu international, européen. Mais ce n’est pas en Europe qu’afflue l’essentiel des migrants, déplacés ou réfugiés, auquel les peuples peuvent ensemble donner des solutions humaines.
Vérité des chiffres : Non, il n’y a pas d’ « invasion » de l’Europe. Il y a actuellement 258 millions de migrants internationaux dans le monde, soit 3,3% de la population mondiale contre 2,9% en 1990 et 5% en 1900, époque où c’étaient surtout des Européens fuyant persécutions et misère.
En revanche, aujourd’hui, les migrations concernent quasiment tous les pays du monde qui sont à la fois pays de départ, d’arrivée et de transit. Les migrations se sont mondialisées.
On voit que les mouvements de population ne se sont amplifiés autant que certaines communications du gouvernement français voudraient nous le faire croire.
La France est un pays avec un solde migratoire quasiment nul.
D’ailleurs, 105 millions de migrants sont originaires d’Asie, 60 millions d’Europe et 36 millions d’Afrique. Au prorata de la population respective des continents, ce sont toujours les Européens qui migrent le plus.
Le mot « crise » a donc bien dans la bouche de l’extrême droite ou de dirigeants européens et français une fonction politique qui traduit la volonté des gouvernements des pays européens de durcir les politiques migratoires en particulier vis-à-vis des pays du sud.

2°) Avec le recul, quel regard portez-vous sur les décisions prises par Angela Merkel en 2015, au pic de l’arrivée des réfugiés qui fuyaient la guerre en Syrie ? Et sur l’attitude du président François Hollande ? 

S’il y a un pays qui ne peut pas donner de leçon aux pays membres de l’UE, c’est bien la France. L’Allemagne, elle, a montré plus de solidarité que notre pays et pas simplement pour des raisons de besoin de main d’œuvre mais parce qu'Angela Merkel a dû prendre en compte le mouvement citoyen de solidarité avec les migrants déjà à l’œuvre.

Les conditions d’accueil sont plus dignes en Allemagne qu’en France mais Angela Merkel s’est laissée ensuite « mettre sous pression » par les conservateurs allemands et a commencé à vouloir marchander sur ce terrain avec la Turquie d’Erdogan ou lors du Sommet de La Valette en appuyant l’idée d’externalisation de la gestion des flux migratoires portée par E. Macron alors qu’au sein même de l’UE, c’est la ligne la plus xénophobe qui pour l’heure donne le tempo.
La France s’était alors engagée à accueillir un peu plus de 19 000 demandeurs d’asile et en septembre 2017, seulement 4278 étaient accueillis en France.
Nous restons persuadés que si la solidarité européenne avait été organisée et, en particulier, vis-à-vis de la Grèce et de l’Italie, nous n’en serions pas à ce stade de montée de l’extrême-droite. La France a une responsabilité importante dans cette absence de solidarité que ne masqueront jamais tout à fait les coups de communication d’Emmanuel Macron quand il accueille 60 migrants de l’Aquarius.
C’est le déshonneur de la France, qui est historiquement un pays d’émigration et d’immigration, d’avoir abandonné sa politique d’accueil pour des raisons électoralistes.

3°) Êtes vous favorable à la liberté de circulation ? A la liberté d’installation ? Etes-favorable à la suppression des frontières ?

Le droit à la circulation est sans conteste pour nous un des droits humains universels fondamentaux. Pour l’heure, seul un tiers de la population mondiale a réellement accès.

Nous sommes favorables au droit à la circulation avec des voies légales — et sécurisées— de migrations, seule façon effective de démanteler les trafics d’êtres humains.
Il est urgent de réorienter la politique migratoire européenne en conformité avec la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 qui énonce que « toute personne a le droit de circuler librement, de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat, toute personne a le droit de quitter tout pays y compris le sien, et de revenir dans son pays ».
Nous n’acceptons pas une conception de la mondialisation qui ne donne la liberté de circulation qu’aux capitaux et aux marchandises et pas aux êtres humains, surtout quand il s’agit de vie ou de mort !

4°) La distinction entre « réfugiés » d’un côté, migrants « économiques » de l’autre, vous semble-t-elle pertinente ? Sinon, pourquoi ?

Pour les communistes, il n’est en aucun cas question de souscrire à ce tri sélectif entre « bons réfugiés » et « mauvais migrants économiques ».

Qu’elle soit réfugiée, c’est-à-dire contrainte de solliciter une protection internationale, qu’elle soit demandeuse d’asile, qu’elle soit migrante pour aller chercher un travail, rejoindre sa famille ou à cause de catastrophes naturelles, chacune de ces personnes se déplace d’une manière plus ou moins contrainte et doit avoir le droit de choisir une autre vie et d’être protégée dans le respect de ses droits élémentaires.
La prétendue hiérarchie entre « bon ou mauvais » migrants sert aux calculs les plus froids et cyniques.

5°) Diriez-vous-vous que l’immigration a pesé défavorablement sur les conditions de travail et les salaires ces dix dernières années en France ? Si oui, en déduisez-vous qu’il faudrait prendre de nouvelles mesures pour limiter ou réduire le nombre d’entrées (hors réfugiés) sur le territoire?

Toutes les études sérieuses ont mis en évidence que la France a bénéficié de l’apport migratoire quelqu’en soit sa provenance d’origine, et aussi bien sur le plan économique que culturel alors même que plusieurs générations d’immigrés, et leurs enfants, ont été maltraités et humiliés dans notre pays par les autorités. L’immigration ne sera pas l’éternel bouc émissaire de la politique du patronat sur les conditions de travail et les salaires.

Ce sont bien les politiques d’austérité et les exigences de profit des patrons qui ont pesé défavorablement sur les conditions de travail.
Ce sont bien les politiques d’austérité et les exigences de profit des patrons qui organisent le dumping social et la concurrence entre les individus.
Ne nous trompons pas de cibles, c'est bien ensemble que les luttes doivent se mener pour de nouveaux progrès sociaux !

6°) Faut-il renforcer Frontex et les contrôles aux frontières de l’Union européenne ?

C’est ce qui est fait actuellement et cela depuis des années pour quel résultat ? Les migrants ne sont pas des criminels mais les passeurs et réseaux, si. C’est à la sécurisation des voies de migrations, et au démantèlement des réseaux de trafiquants d’êtres humains que Frontex doit servir. L’Union européenne, pressée par ses Etats-membres les plus réactionnaires a pour obsession de « sécuriser » ses frontières par des murs physiques ou électroniques. Ces politiques ne servent à rien et ont un coût faramineux alors que tout manque dans l’aide humanitaire et dans les services administratifs d’accueil et d’orientation. Nous proposons de réorienter les missions de Frontex vers le sauvetage et l’ouverture de voies légales sans conditions.


7°) Par ailleurs, diriez-vous qu’il faut réduire le nombre de « sans papiers » en France en procédant à davantage de régularisations (30 000 par an ces dernières années sur la base d’une circulaire de Manuel Valls datant de 2012) ? Si oui, quels critères faut-il revoir ? Faut-il régulariser l’ensemble des travailleurs « sans papiers » ?

La France héberge dans des conditions souvent déplorables des dizaines de milliers de personnes sans droits, des migrants que l’on appelle souvent des « ni, ni », c’est-à-dire déboutées du droit d’asile et impossible à expulser. Cette situation administrative est ahurissante.

C’est cette logique sécuritaire qui crée les « sans papiers », alors, oui il faut une grande politique de régularisation fondée sur le plein respect des droits : regroupement familial, droit au travail, droit à la santé, droit à l’éducation…

8°) Faut-il augmenter l’aide au développement dans les pays d’émigration ? Avec pour objectif principal de limiter les départs ? Cette aide doit-elle être conditionnée ? Si oui, à quelles contreparties ?

Depuis des années, les Nations unies demandent à chaque pays développé de consacrer au moins 0,7% de son produit national brut à l’aide publique au développement des pays du sud. En 2016, la France n’en était qu’à 0,38% soit 8,6 milliards d’euros et le 1er ministre a fixé comme

objectif en 2022 de 0,55%.
Il est grand temps que la France réponde aux exigences des Nations unies, et vise un objectif plus ambitieux en la matière, en volume de fonds, en personnels et dispositifs mais aussi en mettant un terme à la « sous traitance » aux ONG, voire à la quasi privatisation de son action. L’État doit jouer pleinement son rôle et ce, aux côtés des collectivités territoriales qui jouent un rôle décisif mais de plus en plus seules sur ce terrain.
En revanche, il est aussi indispensable de ne pas conditionner les aides au développement à des conditions de réadmission et la plupart des études le disent les départs d’un pays ne sont pas liés au développement des pays en question.
L’arrêt des ventes d’armes seraient certainement plus efficaces à la paix et à la fin de mouvements de population contraints par la guerre.
Il faut aussi rappeler que l’apport personnel des migrants à leur pays d’origine est 3 fois plus important que l’aide publique au développement.
En 2017, les migrants ont renvoyé 596 milliards de dollars dans leur pays d’origine et 450 milliards de dollars vers les pays en voie de développement.

9°) Faut-il élargir le droit d’asile ? En particulier, êtes-vous favorables à la création de nouveaux droits liés aux violences subies non plus seulement dans les pays d’origine, mais durant le parcours migratoire (comme en Libye) ?

Oui, il faut surtout agir pour un droit d’asile européen, débat que refusent les pays membres depuis 10 ans. Quelle que soit la nature des violences, il faut ouvrir la possibilité du droit d’asile, cela fait partie de l’ouverture de voies légales de migrations et c’est la seule solution de lutter contre le trafic d’êtres humains et les passeurs mafieux.


10°) Comment mieux garantir aux migrants accessibles au statut de réfugié la possibilité de faire valoir leurs droits en France et en Europe ?

Tout d’abord avec une politique de solidarité européenne et ne pas laisser l’Italie et la Grèce seuls.

Nous devons garantir les droits des personnes, assurer la diversité de traducteurs pour permettre une meilleure compréhension des démarches administratives et laisser le temps nécessaire au demandeur d’asile pour choisir sa vie.
Pour cela, nous proposons d’élaborer une loi de programmation de 50 000 places d’hébergement en CADA (Centre d’accueil de Demandeurs d’Asile) avec la nécessité de réduire l’accueil hôtelier.
Ce plan de programmation doit être réfléchi avec les territoires pour favoriser le lien social avec l’environnement et l’accès aux services publics.
Il faut aussi permettre aux départements d’avoir les moyens d’accueillir les mineurs isolés comme la loi l’oblige. Tout mineur devrait être accompagné par un travailleur social de l’ASE pour élaborer avec lui un parcours scolaire ou professionnel. Les financements doivent être croisés entre le département, l’État et l’Europe et permettre le respect des conventions des droits de l’enfant.

11°) Faut-il autoriser les bateaux humanitaires de secours en Méditerranée (tel l’Aquarius) à débarquer leurs rescapés en France ?

Bien sûr, les ports français sur la Méditerranée ne manquent pas. Le parti communiste français mène d’ailleurs une campagne #OuvronsNosPorts pour encourager cet accueil.


12°) Faut-il créer des plateformes de débarquement sur la rive Sud de la Méditerranée où seraient examinées les demandes (comme envisagé par les dirigeants de l’UE au conseil européen de juin dernier) ? D’une manière générale, faut-il favoriser le traitement des demandes d’asile depuis les pays tiers (Niger, etc) pour éviter que les migrants non-accessibles au statut de réfugié se risquent en Libye, en Méditerranée, etc ? Seriez-vous favorable au traitement des demandes d’asile dans les pays de départ ? 

Non, il faut respecter les droits internationaux, le droit d’asile donne la possibilité de choisir son pays d’arrivée. La politique de l’Union européenne et des États membres d’externaliser sa politique migratoire n’a pas de sens.

Sous contrôle du HCR et de l’OIM, il faut construire des corridors humanitaires et permettre des visas humanitaires à celles et ceux qui fuient les zones de conflit.
Il faut actuellement permettre le rapatriement des 8 000 personnes abandonnées à Tripoli en Libye et qui traversent un martyre.

13°) Pour les demandeurs d’asile arrivant dans l’Union européenne, faut-il des quotas de répartition contraignant entre pays européens ? Si oui, quels leviers utiliser pour convaincre ou contraindre les Etats européens réfractaires (Hongrie, etc.) ?

On ne peut pas être dans l’Union européenne sans montrer de la solidarité et de la coopération entre pays membres. Mais il faut aussi respecter le choix des demandeurs et en particulier le lien avec le pays demandé et faire sauter sauter le verrou du 1er pays entrant (accord dits de Dublin).

Nous proposons de couper les fonds européens aux pays réfractaires de l’Union européenne.

14°) Etes-vous favorable à une réforme du règlement européen de Dublin qui prévoit que le pays responsable d’une demande d’asile est celui où les migrants ont été enregistrés en premier (le plus souvent la Grèce, l’Italie, l’Espagne) et qui permet à la France d’y transférer des demandeurs d’asile pourtant entrés sur son territoire ? Si oui, quelle réforme ? En attendant, faut-il que la France suspende toutes les procédures de renvoi des « dublinés » dans leur pays d’entrée ?

Tout d’abord, il faut souligner que la France n’a aucune obligation de renvoi, et refuser le « dublinage » serait un acte de solidarité de notre pays qui est un des pays qui acceptent le moins de demandes d’asile.

Nous souhaitons l’abrogation des règlements dits « de Dublin ». Une des propositions que nous soumettons est que les pays de 1ère entrée dans l’UE ne soient plus automatiquement responsables des demandeurs d’asile.
A leur arrivée, un dispositif d’accueil doit les prendre en charge, se renseigner sur l’existence de liens familiaux, professionnels ou scolaires dans les Etats membres.
L’existence de tels liens doit permettre l’installation des personnes dans le pays concerné sinon, le demandeur d’asile sera automatiquement confié à un Etat membre sur la base d’une clé de répartition définie par l’UE.

15°) Etes-vous favorable à des charters européens pour expulser les déboutés du droit d’asile (comme le promeut le directeur de Frontex) ?

Non, et c’est malheureusement ce qui est fait de plus en plus par Frontex. Il faut rappeler que la plupart des déboutés d’asile sont inexpulsables selon le droit.

Nous refusons la notion de « pays sûr » qui est défini par les États membres sur des critères bien obscurs et qui qualifie aujourd’hui des dictatures. Comment expliquer que l’Allemagne définisse l’Afghanistan comme un « pays sûr » ! Aucune politique d’État ne doit « fabriquer » de personnes « sans droit ».